‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 362 sur 433 · VI · texte numérisé non relu

VI

HISTOIRE DE LA LITTiRÀTURE ROMAINE 675

Il n'oublia pas, dans ses largesses, sa ville natale; il y fonda une bibliothèque *, il y ouvrit des écoles 2, en paya les maîtres, créa des pensions pour les écoliers pauvres, éleva des autels, bâtit des temples.

Pline mourut, encore bien jeune, vers cinquante ans, en 112 ou 113. Il n'était pas difficile de faire sa biographie : car sa correspondance est remplie de détails sur sa personne, sur ses propriétés, sur sa vie politique et littéraire, sur ses succès oratoires, sur ses libéralités et ses bonnes actions, sur sa famille, sur ses amis. Il parle sans cesse de lui, il ramène tout à lui ; mais la naïveté de cet amour-propre désarme la critique. On ne peut oublier d'ailleurs son honnêteté, son active bienveillance et, s'il gâte un peu ses bienfaits à force de les étaler, il serait injuste de ne pas lui en tenir compte. ^ Tous les discours de Pline, qu'il avait soigneuse- , ment revus, remaniés et publiés, les poésies qu'il avait composées dans sajeunesse et son âge mûr et qu'il désignait par les noms de Lusus et Ineptiae^ les morceaux historiques dont il parle, tout est perdu, sauf le célèbre Panégyrique de Trajan et les dix livres de Lettrez,

Panégyrique de Trajan. — Pline avait été appelé, comme consul, à féliciter l'empereur devant le sénat. A cette occasion il prononça un discours , qu'il maintint, dit-il lui-même, dans la mesure commandée par la circonstance ^. Mais il reprit plus tard son œuvre pour la développer, la polir et en faire le long ouvrage que nous possédons. 11 le lut ensuite h ses amis; la lecture dura trois jours et souleva l'en-

Page 1