Plin., IX, épît
Pline témoigne qu'on leur faisait les mêmes legs, et toujours en les nommant ensemble *.
Tacite survécut à son ami, et on suppose même, sans preuves positives, qu'il devint octogénaire. Laissat-il des enfants? Nous avons vu l'empereur Tacite, qui vivait 160 ans après lui, se donner pour son descendant, et Sidoine Apollinaire fait remonter au fameux historien l'origine d'un de ses contemporains, Polémius, préfet des Gaules *.
Rien n'est resté des plaidoyers de Tacite, de son panégyrique de Rufus, des poésies qu'il avait, dit-on, composées, et d'un livre de facéties {faceliarum) que lui attribue un grammairien, Fulgentius Planciadès. Sans doute il s'agissait dans cet ouvrage de l'usage des bons mots dans Féloquence. On sait quelle place Cicéron assigne à la plaisanterie dans le de Oratore; César avait composé aussi un recueil du même genre. Mais le principal titre de Tacite à l'admiration des anciens, c'étaient ses ouvrages historiques; et tous nous sont parvenus, bien que les deux principaux aient subi de graves mutilations.
Ouvrages de Tacite. Vie d'Agricola. — Le premier dans l'ordre des temps fut la Vie d'Agricola^ écrite en 97 ou en 98. Malgré les grandes qualités de ce livre, on lui a reproché quelquefois de sortir des proportions d'une biographie. Le tableau de la guerre contre les Bretons, et surtout les brillants discours de Galgacus et d'Agricola semblent ici un peu hors de leur place : on croirait ces pages détachées d'une histoire générale du règne de Domitien. D'autres parties de l'ouvrage s'éloignent de la biographie et se rapprochent du panégyrique : tels sont les premiers chapi-
1. VII, épît. 20 : « Eadem legata, et quidem pari ter, accipimus. »