‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 367 sur 433 · Epist.j lib. IV, ad Polemium · texte numérisé non relu

Epist.j lib. IV, ad Polemium

très, OÙ Tacite flétrit avec une verve à la fois contenue et ardente les tristes temps de Domitien. Telle est aHSsi la brillante péroraison, imitée de Cicéron : par le ton, comme par les souvenirs, c'est une véritable pièce d'éloquence *.

Les Mœurs des Germains. — Le livre des Mœurs des Germains (de Monbus Germanorum) fut composé très peu de temps après VAgricola, Tacite écrivait-il d'après de^ souvenirs personnels? L'exactitude et la précision des détails le feraient croire. Si Tacite, comme fils d'un procurateur de la Gaule Belgique, a passé une partie de sa-jeune>se surles bords du Rhin, on s'explique plus facilement cette connaissance profonde des usages et des institutions des peuples barbares. Peut-être aussi est-ce dans le voisinage de la (rérmanie qu'il a vécu pendant qu'il était éloigné de Rome. On connaît le mot de Montesquieu sur ce tableau si plein et si riche, quoique si court : « C'est l'ouvrage de Tacite, qui abrégeait tout parce qu'il voyait tout '. » La Germanie a pour nous un intérêt tout particulier, car elle nous retrace l'histoire des peuples qui ont fondé les nations modernes, et nous retrouvons dans les lois et les coutumes des tribus germaniques l'origine des institutions du moyen âge '. Tacite, en décrivant les vertus des peuples barbares, avait-il en vue la satire des mœurs romaines? Comme l'a dit Burnouf *, « la leçon naissait du contraste et les allusions se présentaient d'elles-mêmes. Tacite ne les a pas évitées; mais le ton grave et modéré dont il ne s'écarte jamais prouve aussi qu'il ne les cher-

Page 1