‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 373 sur 433 · Annal,, III, lxv · texte numérisé non relu

Annal,, III, lxv

une juste part de blâme. Mais la satisfaction des provinces, la prospérité et le bien-être qui commencent pour elles après les exactions et l'horrible tyrannie des proconsuls républicains, sont exposés avec sincérité et viennent justifier Auguste. Livie, femme du prince, est jugée avec sévérité; si les jeunes fils d'Agrippa, Lucius et Gaïus, sont morts prématurément, il faut en accuser peut-être les destins, peutêtre aussi le crime de leur marâtre *, qui travaillait pour son fils Tibère. Ailleurs encore, en racontant la mort d'Auguste, Thistorien n'est pas plus favorable à Livie; et, sans adopter complètement les bruits populaires qu'il rapporte, il n'oublie pas les circonstances qui pouvaient leur donner quelque fondem en^.

Rien de plus saisissant que le tableau de Tavènement de Tibère : ces théories du pouvoir absolu déjà établies par Auguste et rappelées par le secrétaire de Tibère, Salluste; la servilité inquiète de toutes les autorités, consuls, sénateurs, chevaliers, « plus faux et plus empressés à proportion de la splendeur de leur rang, se composant le visage pour ne paraître ni joyeux à la mort d'un prince, ni tristes à l'avènement d'un autre, s'étudiant à mêler les pleurs, l'allégresse, les plaintes, l'adulation » ^ ; les belles phrases d'un pouvoir, modeste en paroles, et qui accapare tout *; puis, cette première séance du sénat, où les sénateurs embarrassés par leurs éloges mêmes, luttent d'adulation; où l'un d'eux, Valérius Messala, par un dernier raffinement de flatterie, emprunte, pour les propositions les plus serviles, la forme de l'indépendance

1. a Mors fato propera vel hovercae Liviae dolus abstulit. » Annal., I, m.

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