‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 375 sur 433 · HISTOIRE DE LA LITI · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA LITI

qui enchérit sur la hardies temps de Salluste, les non écrivains avaient dû rendi des vieilles formes. Sans d des deux écoles*, cicéronien dans les habitudes du publî sans remède ; et l'acharner comme il arrive toujours \ d'importance, mettaient pr< nions, devait provoquer le par suite augmenter, au c raisonnable, leur indiffère tèmes.

Au reste, le style de Tac formations successives; et d'en suivre le progrès. L'in nifeste dans VAgricola. L encore beaucoup d'abondf vers entiers ou des fragmer par l'expression que par h ment des différents livres peu de pompe oratoire. Les de l'auteur, sont le chef-d' vigoureux, plein et rapide, de Tacite.

Cette remarque nous a s

1. E.rteimus pour hostilis (His le môme sens [Annal., xiv, 30, î passif (Annal., i, ^, gyiarum idX sens : « Non sibi ignara quœ de 69); ignara lingua {Annal., ii, 13) luste dans ses irrégularités grai flagitii, — regiam; adipisei reru

2. Chap. xxxix : « Auguriis p crum »; chap. v : « Ne arme gloria fronlis »; chap. xi : « De a Ut quibus nullus per commerc

question que nous avons traitée précédemment : Tacite est-il Fauteur du Dialogue des orateurs? Nous nous sommes décidé pour Taffirmative *. Aujourd'hui la critique adopte unanimement cette conclusion.

Jugements portés sur Tacite. — Il serait long de passer en revue tous les jugements portés sur Tacite par les modernes. Depuis Montaigne, qui était fait pour goûter ce génie original et profond, et selon qui ses ouvrages « n'étaient pas à lire, mais à estudier et à apprendre * » ; depuis Bossuet, qui Ta appelé « le plus grave des historiens », et Racine, qui voit en lui « le plus grand peintre de l'antiquité », et qui s'en est si heureusement inspiré dans sa belle tragédie de BritannicuSy la plupart des critiques ont professé une vive admiration pour l'esprit et pour le style de Tacite. La Harpe, Thomas, M.-J. Chénier, qui a emprunté aux Annales tous les beaux passages de son œuvre la plus estimable, TïWre; Chateaubriand, Villemain, l'ont loué presque sans réserve. Cependant, au xvu® siècle, Fénelon * et Rollin * ; au xviii®. Voltaire ^ et Dussault * ont critiqué la brièveté quelquefois obscure de son style, et son habitude de chercher aux actions des motifs profonds et souvent odieux. La première objection n'est pas sans fondement; quant à la seconde, nous avons essayé de montrer qu'elle ne doit pas être admise sans restriction.

Mais une condamnation singulière et peu connue est celle que prononçait, au commencement du xvii® siècle, le cardinal du Perron '. Selon lui, « le style de

Page 1