Voir Morceaux traduits des auteurs latins, p
62 HISTOIRE DE LA LiTTERATÛRE t^OMAiNE
qu'il rencontre. Quand personne ne répond, il est furieux; c'est un coup monté, c'est un complot contre son existence ; il va les attaquer en justice et les faire condamner tous par sentence à lui donner des repas à discrétion. Ce bouffon nous fait rire, et il devait faire rire davantage les Romains, qui chaque jour voyaient ses pareils faire leurs manœuvres au forum. Mais il interrompt quelquefois d'une manière désagréable l'expression des sentiments. On n'aime pas à voir Hégion, en face d'Grgasile, plaisanter et faire des jeux de mots, quand il est plein de sa douleur, quand il vient de prononcer au sujet de son fils ces mots touchants : « Puisqu'un étranger prend tant de part à ses maux, que doit éprouver un père qui Taimait uniquement ? »
Plante ne nomme pas, comme il le fait habituellement, l'original grec de cette pièce. On Ta remarqué \ «il n'y a pas de comédie gréco-latine où soit plus généralement répandue la couleur des mœurs et des coutumes romaines, où l'on puisse moins observer les traces et l'air de l'imitation ». L'auteui> avait donc le droit de la faire valoir au dénouement par la bouche de l'orateur de la troupe : « Les poètes n'inventent pas souvent des comédies de ce genre, où les bons deviennent meilleurs. » Il conclut ainsi : « Vous qui aimez à voir récompenser les mœurs honnêtes, applaudissez. »
Personnages. — On eonnaît déjà par ce qui précède les personnages que la société ancienne fournis* sait au poète comique. Il devait s'abstenir de mettre en scène la jeune fille libre (virgo) ; il ne pouvait présenter la matrone qu'avec une grande réserve, en se bornant à critiquer son humeur acariâtre, sa curio-