Ibid,, III, 209; IV/ 507 et suiv., 686 et suiv
7i4 HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE
été écrit à plusieurs reprises ou publié par fragments, comme la Pharsale, D'ailleurs il n'est pas achevée; car le huitième livre se termine par la prière que Médée fait à Jason de l'emmener en Grèce. Ni le meurtre d'Absyrte, ni le retour des Argonautes, ni Tabandon de Médée ne sont retracés. Ou la mort a interrompu le poète, ou Ton a perdu la dernière partie du poème, qui, pour être complet, aurait dû comprendre encore de deux à quatre livres.
Quintilien est le seul critique qui ait mentionné Valérius Flaccus. Mais on trouve des imitations de son ouvrage chez Silius, dans la Thébaîde et YAchil" léide de Stace, et plus tard chez Claudien et d'autres poètes.
L'auteur a beaucoup abrégé les parties savantes du poème d'Apollonius de Rhodes, quoique les traditions mythologiques et Térudition tiennent encore trop de place chez lui. Le développement est froid et languissant, les caractères sont effacés ou ridicules. Le poète diminue, comme à plaisir, la personnalité de Jason. C'est déjà beaucoup qu'il aille au combat à coup sûr, garanti contre ses adversaires par les charmes de Médée. 11 faudrait au moins que, dans ces épreuves, il eût- quelque* initiative, que la magicienne laissât quelque place au guerrier. Mais partout le poète la substitue à son personnage : c'est elle qui empêche l'action de la flamme, c'est contre elle, en vérité, que lutte le premier taureau; c'est elle qui désarme l'autre et l'offre courbé, étourdi, aveuglé, aux coups de Jason. Celui-ci n'a pas beaucoup de mérite, quand il le soumet au joug. Plus loin, c'est encore Médée qui anime les uns contre les autres les bataillons nés de la terre. En vérité Jason est réduit au rôle de ces acteurs romains qui faisaient les gestes, pendant qu'un esclave déclamait ou chantait le monologue appelé canticum.
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,Dans la partie du poème où Médée endort le dragon, Valérius Flaccus supprime malenco"*»' ment toute Thorreur tragique de cette scène belle chez Apollonius, et il transforme ce effrayant en une pastorale dont le ridicule toute mesure. Ce monstre que le poète d'Al( après Pindare, a peint en traits si énergique les affreux sifflements réveillent les mères, ( sent contre leur sein leurs nourrissons tremt ce monstre devient une sorte d agneau doi est la bergère. 11 appelle par un doux siffleir qui lui apporte chaque jour sa nourriture ; dort avec les plus caressantes paroles :
Dors, gardien fidèle de la toison de Phryxus ; mis à tes yeux de se reposer un instant de le Quelle surprise crains-tu, quand je suis là? Je si la forêt, et, toi, pendant ce temps, délasse-toi ( travail.
Cette fois la femme prend sa revanche sur rusé qui la trompa jadis : cpnfiant en sa mail dragon s'endort.
Alors Médée serre entre ses bras son cher n( elle pleure sur lui et sur elle-même; elle rapp att endrissement les repas qu'elle lui servait, elle à chercher pour ses vieux jours une retraite dan forêts, d'oublier Médée qui Fa trahi et de ne pa suivre sur la mer de sifflements ennemis *.
Pendant ces longs adieux, Jason a dû faire ges réflexions sur cet amour de Médée, qu'il avec un monstre.
i, Virgile a imité ce trait de sentiment :
Et trepidœ matres pressere ad pectora natos
(VII, 51 î