IV, 3, 153 et suiv
11 n'a pas moins de louanges pour le misérable eunuque Earinus, favori du prince *. Il lui dédie une de ses pièces. Earinus, pour mieux ressembler à Domitien, qui était chauve, s'est dépouillé de sa chevelure, et il l'envoie comme offrande à Esculape, le dieu de Pergame. Stace célèbre cette chevelure et les faveurs de Vénus pour Earinus. 11 s'inspire de Callimaque dans sa pièce célèbre sur la chevelure de Bérénice. Mais Bérénice, mieux qu'Earinus, méritait cet hommage.
Ce n'est point cependant la vénalité qui explique ces tristes flatteries et celles que le poète adresse sans cesse à ses protecteurs, Métius Celer, Plotius Grypus, Clodius Etruscus et plusieurs autres. Sans être riche, il avait du moins une position indépendante : sa femme lui avait apporté quelque fortune ; il tenait de son père des terres voisines de Naples ; on suppose qu'il reçut de Domitien une petite villa dans les environs d'Albe *. 11 ne faut donc pas prendre à la lettre les vers de Juvénal qui le présentent comme un poète affamé *. Nulle part Stace, dans ses vers, ne mendia comme Martial. Vers la fin de sa vie, découragé peut-être par son échec dans le concours des jeux Capitolins, où il n'obtint pas la couronne, il voulut se retirer en Campanie, près de son ami Pollius Félix ; dans la cinquième pièce du troisième livre des Silves, il presse tendrement sa femme de consentir à ce départ qui semble lui répugner et à se fixer avec lui dans un pays dont il lui vante les beaux sites, les riches monuments et le climat délicieux. Cependant plusieurs pièces du quatrième livre semblent indiquer qu'il ne réalisa pas ce projet. 11 mourut en 96. Une tradition