‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 386 sur 433 · SaL, VII, 86 et suiv · texte numérisé non relu

SaL, VII, 86 et suiv

rejetée par divers critiques, mais qui ne paraît pas invraisemblable à Fabricius, prétend qu'il mourut de la main de Domitien, frappé d'un coup de poinçon à écrire. Dante, contre toute vraisemblance, l'a fait chrétien.

Stace avait écrit une tragédie à'Agavé^ que cite Juvénal. Nous avons conservé ses trois principaux ouvrages. Le sujet de la Thébaïde n'est pas plus nouveau que celui des Argonautiques . Dans les dix premiers livres du poème, l'action est languissante ; de longs discours, de longs préparatifs, de complaisantes descriptions, arrêtent sans cesse le lecteur. Les deux derniers livres au contraire sont remplis d'événements que Fauteur ramasse avec une sorte de précipitation, comme s'il était pressé de finir : le duel entre Etéocle et Polynicè., l'avènement de Créon, l'interdiction des funérailles de Polynicè, Tintervention de Thésée, appelé par Antigone, la mort de Créon, voilà tout ce que renferme cette dernière partie de l'ouvrage. Stace en prend à son aise avec la mythologie; il mêle les dieux grecs et les dieux romains ; comme Lucain, il personnifie des abstractions telles que la Vertu^ les Fureurs, Les descriptions sont richement colorées ; les comparaisons, trop prodiguées, sont précises et pittor||sques. Plusieurs épisodes touchants reposent des tableaux de batailles. Telle est la mort du jeune Parthénopée, que l'on trouvera dans nos Morceaux choisis *. Les caractères les mieux tracés sont des caractères de femmes. Les scènes douces réussissent mieux au poète que les scènes terribles.

C'est ce qui explique peut-être, autant que la maturité de son talent, la supériorité généralement admise de VAchillélde, qui ne va pas plus loin que le départ de Syros. Le plan de Stace était vaste; son

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