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poème devait embrasser, outre V Iliade , tout ce qui précède et ce qui suit l'œuvxe homérique. Le poète n'a pu écrire que deux livres. Le premier nous peint Achille déguisé en femme et vivant h Syros auprès de Lycomède, dont il paye Thospitalité en séduisant sa fille. Mais Calchas a révélé aux Grecs la retraite du futur héros. Dans le second livre, Ulysse déjoue les efforts de Thétis, confond ses ruses et emmène h Troie le jeune homme. Ce livre n'est pas achevé. La prolixité de ce poème est aussi grande que celle de la Thébaîde; le ton est plus simple, le style plus naturel, les jolies scènes abondent. Nous avons cité celle d'Achille chez Lycomède, trahissant son sexe par ses instincts guerriers et par l'émotion que lui cause le discours habile d'Ulysse *. Les qualités de Stace sont frappantes aussi dans le tableau où il nous retrace les douleurs et les alarmes de Thétis, quand le vaisseau qui emmène Paris et Hélène traverse l'Hellespont.
Le berger troyen avait détaché ses vaisseaux du rivage d'Œbalie, avec la douce proie enlevée à la trop confiante
' Amyclae, et, réalisant par son retour les présages du songe maternel, il reprenait son voyage coupable; il traversait la mer où, jadis engloutie, Hellé, devenue Néréide, commande à ces flots qu'elle hait. Tout à coup Thétis (ah ! les pressentiments d'une mère ne sont jamais trompeuri|, au bruit des rames du mont Ida, frémit au fond de Tabime
•transparent. Aussitôt, suivie de la troupe de ses sœurs, elle s'élance du fond de son palais humide. A ce bruit, les flots bouillonnent sur les rivages rapprochés de Phryxus, et cette mer trop étroite ouvre à peine un passage à ses reines. Dès que Thétis, écartant les ondes, parait à la surface : « C'est contre moi, dit-elle, que cette flotte s'avance ; c'est à moi qu'elle prédit des malheurs. Je reconnais les avis de Prêtée: sa voix avait dit vrai. Voilà Bellone qui agite ses torches du haut de la poupe et qui amène à