‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 388 sur 433 · Morceaux choisis, p · texte numérisé non relu

Morceaux choisis, p

Priam une nouvelle bru. Je vois déjà la mer d'Ionie, la mer d'Egée pressées sous le poids de mille navires. Ce n'est pas assez de la Grèce tout entière conjurée avec les superbes Atrides; bientôt, sur la terre et sur les mers, ils chercheront mon Achille, et lui-même voudra les suivre. Pourquoi aussi avoir donné pour berceau à son enfance le Pélion et l'antre d'un maitre farouche? Le cruel ! là, sans doute, ses jeux sont les combats des Lapithes, et il essaye déjà ses forces avec la lance paternelle . 0 douleur, ô craintes tardives qui déchirent le cœur d'une mère ! Que n'ai-je pu, malheureuse, quand pour la première fois les pins du Rhétée se plongèrent dans nos ondes, soulever les vagues menaçantes, assaillir par une tempête les voiles de ce brigrand adultère, et déchaîner contre lui toutes mes sœurs. A présent même.... mais il est trop tard; le crime du ravisseur est consommé !

Il y a certainement dans ce discours de la vérité et du pathétique ; ici Télève de Virgile n'est pas loin de son maître. Cette exclamation touchante : « Ah! les pressentiments d'une mère ne sont jamais trompeurs, » fait penser à un vers beaucoup plus beau encore de notre Victor Hugo, décrivant la douleur d'une mère qui devient folle et qui meurt après la perte de son enfant :

• Quand elle vit l'enfant glacé dans sa pâleur {Oh! ne consolez point une telle douleur!), Elle ne pleura pas ; le lait, avec la fièvre, Soudain troubla sa tête et lit trembler sa lèvre ; Et depuis ce jour-là, sans voir et sans parler. Elle allait devant elle et regardait aller ^

Les Silves ont été quelquefois regardées comme le meilleur ouvrage de Stace. Ces pièces, « que l'inspiration du moment, dit l'auteur dans sa Préface, fit éclore avec une rapidité dont il se faisait un plaisir »,

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