Les Rayons et les Ombres, XI : Fiat voluntas
offrent, comme ses poèmes épiques, une poésie riche et brillante, mais un peu creuse, où la douleur et la joie s'exhalent toujours en souvenirs mythologiques, où l'auteur pleure son père ou son fils adoptif sur le même ton que le lion apprivoisé de Domitien, le perroquet d'Atédius Melior, ou les esclaves favoris de ses protecteurs *. Plusieurs de ces pièces sont adressées à des amis qui partent [propemptica), décrivent leurs villas, leurs bains, leurs statues, célèbrent leurs mariages, leurs naissances, leurs anniversaires; telle est la pièce que nous avons déjà citée, le Genethliacon de Lucain, où le flatteur de Domitien parle de Néron avec une hardiesse qui n'était pas dangereuse, puisqu'il se l'est permise. Plusieurs pièces, nous le savons par l'auteur lui-même, étaient commandées *.
Le vers employé habituellement est l'hexamètre héroïque. Trois pièces sont écrites dans le mètre phalécien % une dans le mètre saphique *, une dans le mètre alcaïque ^. Gomme dans ses épopées, Stace est prolixe ; les négligences, les répétitions sont nombreuses. La rapidité de son travail les explique sans doute. La recherche de l'expression, l'abus de l'érudition mythologique, cette hardiesse dans la formation et l'emploi des mots que nous avons déjà signalée chez Valérius Flaccus et Silius, comme chez Flores, voilà les caractères des Silves. Il faut, pour être juste, y joindre la grâce, Tesprit, l'art de dire finement de petites choses. Un court passage de l'Hercule de table de Nonius Vindex ^ en fera la preuve :
Génie protecteur d'une table modeste, cet Hercule a