‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 40 sur 433 · IV · texte numérisé non relu

IV

mandise est le fond de son caractère ; mais par la nécessité même du métier, il doit être bouffon, flatteur, malicieux, quelquefois même aux dépens de son amphitryon. Sénèque l'a peint très heureusement en trois mots : « Gruger les riches, par suite les flatter et, par une autre conséquence ordinaire, s'amuser d'eux, voilà son métier*. » Les parasites abondent dans le théâtre de Plante, et ils sont toujours amusants. Nous avons déjà fait connaître l'Ergasilus des Captifs, Dans les Menechmes, le parasite Peniculus (l'éponge) explique ainsi son surnom : « La jeunesse m'a nommé Véponge, voici pourquoi : quand je mange, la table est aussitôt nettoyée. » Il donne ensuite une recette pour empêcher les esclaves de s'enfuir : « Il ne s'agit pas de leur mettre des fers, il faut les attacher par le museau à une table bien servie : tant qu'ils auront à boire et à manger à discrétion, ils ne songeront pas à fuir, x Le Gelasimus du iS^icAws justifie par ses saillies son nom de bouffon. Il se plaint de sa mère la Faim, qui l'a porté dix mois, tandis quHl la porte depuis dix ans dans son ventre*^ Et, s'adressant aux spectateurs, il met à l'enchère une collection de bons mots payables en dîners et en soupers.

Le soldat fanfaron, — On est plus étonné de ren-

( contrer dans la comédie romaine le type du soldat

I fanfaron. Il est tout naturel à Athènes ; c'est une

/ revanche des vaincus sur les Macédoniens leurs vain-

' queurs et leurs maîtres. D'ailleurs, les Athéniens

(, voyaient chaque jour débarquer dans leur ville des

capitaines revenant d'Asie, chargés d'or et ne tarissant

pas sur leurs exploits ; le caractère était aussi vrai que

1 . Divitum arrosor^ et, quod sequitur, arrisor, et quod sœpe duobus bis adjuDctum est, derisor,

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