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morale en montrant aux hommes la mauvaise issue de tous leurs désirs; on peut la servir en faisant voir que personne n'est criminel impunément *.
Ce sont des thèmes d'école que développe Juvénal; il ne satisfait pas l'esprit, quand il réduit, par exemple, le grand Hannibal, ce héros du patriotisme, aux proportions d'un ambitieux vulgaire, dont tous les travaux aboutissent à devenir un sujet de déclamations *. Juvénal, en concluant, veut qu'on se borne à demander « un esprit sain dans un corps sain, une âme forte qui n'ait pas peur de la mort, qui préfère les travaux d'Hercule aux voluptés de Sardanapale ».
Mais, demande M. Nisard, à quoi employer cet esprit sain et cette force d'àme? Quels sont ces travaux d'Hercule? C'est Tinconséquence de la doctrine stoïcienne. — M. Nisard montre éloquemment la supériorité de la philosophie chrétienne, « qui rend le sage au monde, qui lui conseille d'appliquer aux affaires cet esprit sain, cette force d'âme, qui permet l'ambition aux grands talents, lesquels ne sont donnés à quelques-uns que pour le service de tous... Mais elle leur dit : Paye en bienfaits le loyer des dons que tu as reçus; fais le bien, même le bien pour le mal. Toute la conduite est réglée ; l'activité se concilie avec la vertu ^ ».
Le sujet de la onzième satire est le luxe de la table. Juvénal prend le prétexte d'un repas modeste, mais fort acceptable, qu'il offre à son ami Persicus, pour étaler avec indignation le luxe et la profusion de ses contemporains.
Dans la douzième, il célèbre le retour de son ami Catullus , qui vient d'échapper sur mer aux plus