‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 402 sur 433 · Pages · texte numérisé non relu

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grands périls. La treizième, intitulée le Dépôt, a de beaux vers sur la conscience et les remords dont elle poursuit le coupable, en attendant la vengeance des dieux. Nous les avons traduits dans notre recueil de Morceaux choisis *.

Les trois dernières datent de Textrême vieillesse du poète ; il a perdu son éclat et sa verve. Il y a cependant encore de beaux passages inspirés par Quintilien dans la satire de r Exemple; nous avons trouvé déjà Toccasion d'en parler. La satire XV, sur la Superstition, expose assez grossièrement les croyances des Egyptiens; c'est sur elle qu'on se fonde pour appuyer la légende de l'exil de Juvénal. Les erreurs qu'elle renferme font douter que l'auteur ait réellement visité l'Egj^^te. La satire XVI, sur les Avantages du métier militaire, est inachevée ; les anciens scoliastes ont souvent douté qu'elle fût de Juvénal, tant elle est au-dessous des précédentes. Il est permis d'y voir simplement « les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint ».

Conclusions. — Cette étude peut-être trop longue nous a permis d'apprécier chez Juvénal l'homme, l'historien, le satirique, le moraliste et le poète. Nous avons jugé, avec MM. Nisard, Martha, Boissier, Hild, que sa peinture complaisante des infamies de son siècle rend sa vertu et sa colère suspectes, que son indignation sonne quelquefois creux.

Il s'échauffe parfois hors de propos. De là des tirades brûlantes qui vous laissent indifférent, de rapides et d'admirables mouvements où l'on s'achoppe à une froide plaisanterie, des expressions qui détonnent, des colères qui ne sont pas proportionnées aux crimes. — Cependant, continue M. Martha, s'il n'est pas un fier héritier du

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