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HISTOIRE DE LA UTHÉRATUBE ROMillNE 753
civisme antique, s'il n'a pas de principes arrêtés, exclusifs, s'il ne mérite pas d'être appelé un âpre et inflexible professeur de liberté % il n'est pas un politique indifférent et un simple déclamateur... Comme jugements historiques sur le passé, sur les personnages, les mœurs de la cour, des grands, du peuple, ses Satires ont pour nous un grand prix. Il complète Tacite sans trop renchérir sur lui ^.
Son style ne peut guère être séparé de sa pensée, il en a les allures vives, véhémentes, violentes. En même temps il est savant, subtil, tendu, et souvent obscur par la recherche de la concision. Nous avons déjà montré combien il diffère de celui d'Horace. M. Nisard a dit très bien « qu'on ne peut le lire avec paresse, à bâtons rompus, comme Horace : il faut le lire avec toutes ses facultés tendues et comme avec une loupe ' ».
Martial. — Martial a été le contemporain et l'ami de Juvénal ; il lui a adressé plusieurs de ses épigrammes. D'ailleurs il se rapproché beaucoup de lui par la nature de ses œuvres : l'épigramme est voisine de la satire ; celles de Martial dépassent encore par la crudité cynique des tableaux et des expressions les plus violentes peintures de Juvénal; quand on veut connaître les mœurs de la décadence romaine, il n'est pas inutile, pour compléter la lecture des Satires, de parcourir au moins les Épigrammes.
Martial {M, Valerius Martialis) naquit à Bilbilis en Espagne, en 42. \\ vint à Rome à l'âge de vingt-deux ans, vers la huitième année du règne de Néron. Doué d'un esprit élégant et facile, ennemi du travail et des