Contumacissima triennii désira
HISTOIRE DE LA LITTÉBATURE BOHAmE 757
abandonnés par un caprice d'homme blasé, aujourd'hui nous les regrettons comme arrachés de force. Et puis je trouve ici la dent envenimée des bourgeois de municipe, de Fenvie au lieu de critique, deux ou trois malveillants, qui font nombre dans un petit endroit, et dont il n'est pas facile de supporter sans mauvaise humeur les attaques journalières.
C'est pour complaire à Priscus qu'il s'est remis au l travail. Il attend sa visite et il veut « servir à son j amitié comme un repas de bienvenue ». Il demande i à Priscus d'examiner ses vers avec rigueur, d'oublier I toute sa bienveillance pour juger ces badinages ; autrement il risquerait d'envoyer à Rome non un livre I d'Espagne, mais un livre espagnol.
! Peu de temps après avoir publié ces deux derniers livres, Martial mourut à l'âge de soixante ans (102). Pline annonce cette mort à son ami Priscus et apprécie comme il suit l'écrivain et l'homme :
J'apprends la mort de Martial, et j'en ai du chagrin. C'était un esprit agréable, délié, piquant, et qui savait parfaitement mêler dans ses écrits le sel et l'amertume, sans qu'il en coûtât rien à la probité. A son départ je lui donnai de quoi faire le voyage. Je devais ce secours à notre amitié, je le devais aux vers qu'il a faits sur moi *. (Et il a soin de citer la pièce.)
Le caractère de Martial n'a pas mérité l'extrême indulgence que lui ont accordée quelques critiques modernes, ni son esprit la sévérité de quelques autres, à la tête desquels il faut compter La Harpe. Nous avons de lui environ quinze cents épigrammes divisées en douze livres. Chacun est précédé d'une dédicace avec une préface, le plus souvent en vers, quelquefois en prose, comme celle du livre XII, que nous avons citée