‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 407 sur 433 · Jbid., VIII · texte numérisé non relu

Jbid., VIII

«qu'il y ait, comme Fauteur le dit lui-même, « du bon, <iu médiocre, et plus encore de mauvais ». Quant aux obscénités dont le livre est plein, il faut dire qu'à Rome elles passaient pour une des nécessités du ;genre, et bien qu'on reprochât quelquefois à Martial d'aller trop loin, bien qu'il essaye plus d'une fois de se justifier, il paraît que bon nombre de nobles matrones n'en étaient pas trop effrayées. Sans doute on ne saurait le disculper, mais il faut surtout accuser son siècle. Pline a loué sa bonhomie; mais Pline était 4e bonne composition pour ceux qui faisaient son éloge. Si Martial a eu quelques qualités, on ne saurait du moins lui accorder celles d'un Jiomme qui se respecte lui-même.

Son talent peut être loué avec moins de réserve. Sa réputation était grande chez les anciens, et il la mérite par la finesse et le mordant de son esprit. Ses épigrammes ne sont pas, comme celles de Catulle, une succession de traits satiriques. Toute la pièce est calculée ordinairement de façon à amener le bon mot qui la termine et qui en est la pointe. C'est la méthode qu'ont suivie, en général, les épigrammatistes modernes. Nous avons cité dans nos Morceatix traduits quelques-unes des petites pièces de Martial ^ En voici trois autres :

Paulus achète des vers; ce sont donc ses vers que débite Paulus; car, ce qu'on achète, on a le droit de le revendiquer comme sien .

Boileau a dit avec plus de finesse :

On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui ; Moi qui sais qu'il les achète Je soutiens qu'ils sont à lui.

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