‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 48 sur 433 · Autiqua virtute ac fîde · texte numérisé non relu

Autiqua virtute ac fîde

frères. Quelquefois des traits plaisants viennent égayer la pièce ; cependant, comme toutes celles de Térence, elle est plus sérieuse que comique, elle émeut plutôt qu'elle n*amuse ; elle est le mets des délicats plutôt que le plaisir d*un public grossier.

Ce caractère est surtout celui de VHécyre^ la plus froide des comédies de Térence. Le titre n'en est pas bien justifié ; car le personnage de la helle-mèrey Sostrate, a peu d'importance; elle reste en dehors de rintrigue, elle n'est qu'un prétexte pour l'éloignement de sa bru qui ne peut rester auprès d'elle. On plaint Sostrate, dont le caractère est affectueux et bon ; aux reproches de son mari qui l'accuse du départ de la jeune femme, elle répond avec une douceur touchante. Au reste, dans ce drame de famille, presque tous les caractères sont honnêtes : on s'intéresse aux deux pères, aux deux mères, au jeune mari, à celle qui a été sa victime avant d'être sa femme ; la courtisane même, rôle ordinairement sacrifié, est bonne et généreuse. Mais l'action manque, tout se passe en longues conversations, en longs monologues. On s'étonne que le jeune Pamphile ait oublié certains incidents d'une nuit de débauche sur lesquels repose l'intrigue, ^t que la reconnaissance se fasse par des moyens peu vraisemblables. Tout en appréciant la grâce et le charme de la pièce, on comprend qu'elle n'ait pas captivé fortement les spectateurs romains.

Personnages. — Vieillards. — Ce qui précède permet déjà d'apprécier les caractères de Térence et le contraste qu'ils présentent avec ceux de Plante. Les personnagesgr25^iêîS^JgiU)bles-o»t disparu, ouïes - lialCK BiA l5nreté^sin^ulièr.eiDPM ^^"^^^ On ne voit plus do pôicîTTîBérfins, complaisants pour les folies de r6trrs"fltsel^è moitié dans leurs plaisirs ; ni de pères avares et durs, sans pitié pour des faiblesses qu'ils

ont connues autrefois. Les pères^ chez Térence, sont ^labituellement affectueux et bons ; s41s se sont montres trop sêrêrési As s^en punissent, comme Ménédème, ou ils reviennent à des sentiments plus doux, comme le Déméa des Adelphes. Ce ^ixloia peut leur poprocher, q'est l'excès de leur indulgence : ils sont spectateurs trop caMe^^MimrgïïnîB^iBtrrrëîifants S ils supportent trop facilement leurs désordres. Ils représentent une société plus polie, plus décente que celle de Plante ; mais si la corruption y est plus élégante, elle n'y est pas moins grande.

^ Jeunes gens, — On peut en dire autant des jeunes gens, plus respectueux de formes pour leurs pères, plus réservés dans leur langage, mais aussi hardis

^^dâû&Jeur conduite que ceux de Plante. Le jeune Glitiphon, dans le Bourreau de soi-même^ écoute en silence les beaux conseils que lui donne son père Chrêmes à propos des fautes d'un autre jeune homme; mais quand le vieillard a le dos tourné, il prend sa revanche.

Que ces pères sont injustes! s'écrie-t-il, ils voudraient nous voir vieux dès l'enfanee et insensibles à tous les plaisirs de la jeunesse ; et cependant, quand le mien a un peu trop bu, quelles confidences il me fait sur sa conduite !... Ah ! il ne sait pas combien je suis sourd à tous ses conseils 2 1

Dans le Phormion, le jeune Phaedria se charge d'une tâche qui conviendrait mieux à un esclave. Il a une hypocrisie trop habile en trompant son oncle Demiphon, il ment avec une assurance effrontée qui lui vaut les suffrages de l'esclave Géta, mais qui nous donne peu d'estime pour son caractère. Molière a su éviter ce défaut dans ses Fourberies de Scapin ;

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