‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 49 sur 433 · Voir Simon dans VA ndrienne · texte numérisé non relu

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2, Aufontimorumenos^ act. I, se. ii|.

ce sont deux valets fripons, Silvestre et Scapin, qui dupent le vieil Argante. En somme, les jeunes gens de Térence ne sont pas meilleurs que ceux de Plante, et chez celui-là comme chez celui-ci. le mariage est plus d'une fois la réparation d'une faute brutalement commise.

Esclaves. — L'adoucissement des traits est sensible ^dans les rôles d'esclaves comme dansles autres. On ne trouve plus chez Térence l'esclave révolté, bravant avec cynisme la société et les supplices qu'elle lui réserve ; l'esclave honnête et dévoué paraît souvent, et, lorsqu'il est intrigant et fourbe, c'est pour servir les atérêts de son jeune maître.

Parasites. — Le changement est plus frappant encore chez les parasites. Leur condition semble s'être élevée : ils n'achètent plus leurs dîners par des humiliations et par des coups : ils flattent, ils rendent des services, ils sont choyés et ils s'engraissent. Le paratthon développe plaisamment, dans une scène de V Eunuque, cette transformation :

Quelle distance, grands dieux, d'un homme à un autre ; quelle supériorité des gens d'esprit sur les sots ! Voici à quel propos cette réflexion m'est venue. Aujourd'hui, en arrivant, je rencontre quelqu'un d'ici, de même pays, de même condition que moi, un fort honnête homme, qui a, comme moi, mangé son patrimoine. Je le vois dans le plus piteux état, sale, défait, couvert de haiflons et chargé d'années. — Comme te voilà équipé, lui dis-je I — C'est que j'ai perdu ce que j'avais, infortuné ! hélas ! où en suis - je réduit ! connaissances, amis, tous m'abandonnent ! En me regardant, je me sentis un profond mépris pour cet homme. — Eh I lui dis-je, fainéant, comment as-tu fait ton compte, pour qu'il ne te reste aucune ressource en toi-même ? Astu perdu la tête avec ton bien ? Regarde-moi ; je suis sorti

d'où tu sors, et pourtant quel teint ! quel embonpoint ! quelle mise ! quel air de prospérité ! J*ai tout et je n'ai rien ; quand tout me manque, je ne manque de rien. — C'est qu'il y a un malheur : je ne sais pas, moi, faire le plaisant et recevoir des coups. — Quoi ! tu te figures que c'est ainsi qu'on s'y prend ! tu en es à cent lieues. Oui, autrefois, jadis, dans le vieux temps, on gagnait sa vie à ce métier. Mais nous avons aujourd'hui un nouveau moyen de prendre les gens, et je suis précisément l'inventeur de cette méthode. Il y a une espèce d'hommes qui ont la prétention d'être les premiers en tout et qui ne sont rien moins ; c'est à eux que je m'attache, je ne leur fournis point à rire à mes dépens, mais je ris avec eux de compagnie, et en même temps je m'extasie sur leur esprit. A tout ce qu'ils disent, j'applaudis; disent-ils ensuite le contraire, j'applaudis encore. On dit oui, je dis oui ; on dit non, je dis non. Bref, je me suis imposé à moi-même de trouver tout admirable ; c'est maintenant le métier qui rapporte le plus. Tout en causant ainsi, nous arrivons au marché ; au-devant de moi accourent tout joyeux pâtissiers, bouchers, cuisiniers, charcutiers, marchands de marée et de poisson d'eau douce, tous gens que j'avais fait vivre quand j'étais riche, et que j'oblige encore tout ruiné que je suis. Ils me saluent, m'invitent à souper, me félicitent de mon retour. Quand mon pauvre affamé voit que je suis en si grand honneur, et que je gagne si aisément ma vie, il se met à me supplier de le prendre à mon école. Je l'accepte pour élève ; je veux, s'il est possible, qu'à l'image des sectes philosophiques qui tirent leurs noms des philosophes mêmes, les parasites s'appellent Gnathoniciens l.

Le soldat fanfaron. — Avant de quitter les personnages d'hommes, n'oublions pas le soldat fanfaron. Ici encore, Térence adoucit les traits, au risque d'être m^Hfts^tromique, Le soldat, chez lui, est resté très vaniteux ; mais il n'est plus cet être emphatique et sot, toujours berné et toujours content de lui-même.

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