Eiinuqne, II
Personnages de femmes, — Parmi les personnages de femmes, les plus habituels dans le théâtre ancien, mais les moins acceptables pour les modernes, n'ont point disparu chez Térence; cependant là aussi il y a progrès pour la grâce et pour l'élégance. Sfîs fémmfiS- sont plus aimables» La morale n'y gagne rien, car elles n^en^nt^ue j)lus dangereuses.
"Tïous avons rencontré dans nos analyses plusieurs figures de matrones : elles sont intéressantes, leur caractère est doux et bienveillant; Sostrate, de YHécyrCy n'a que de bons sentiments pour sa bru ; Myrrhina, mère de la jeune femme, n'est pas moins aimable. Quelquefois encore les maris accusent l'humeur acariâtre et impérieuse de leurs femmes, mais ces quolibets sont plus rares et semblent moins justifiés. Les convenances ne permettaient pas, nous l'avons dit, de mettre en scène la jeune fille destinée à un mariage légitime. Cependant Térence, dans le Bourreau de soi-même^ nous fait au moins entrevoir la jeune Antiphila. Elle a beaucoup de grâce et d'effusion quand elle revoit Clinia, qui revient après quelques mois d'absence ; les transports des jeunes gens sont touchants ; mais cette scène, la seule où paraisse Antiphila S se réduit à quelques vers.
Style. — Un des mérites les plus incontestables de Térence, c'est la pureté et le naturel élégant et délicat de son style. César lui reconnaissait ce charme dans l'épigramme célèbre où il lui reproche l'absence de la force comique :
Toi aussi, ô moitié de Ménandre, on te range parmi les plus grands, et tu le mérites par la pureté de ton style. Et plût au ciel que tes écrits aimables fussent animés par la
i . Acte n, se. 3.
verve, et que ta force comique balançât la gloire de la Grèce : on ne te reprocherait pas sur ce point d'être faible. Voilà le seul don qui te manque. Térence, j'en souffre, j'en suis chagrin.
C'est aussi le sens d'une autre épigramme attribuée à Gicéron.
Toi aussi, Térence, qui seul as su interpréter en un style choisi et transporter en latin Ménandre, toi dont le calme langage fait connaître ses pièces au peuple assemblé, poète aux suaves accents, chez qui tout coule avec douceur *.
r Le jugement d'Horace ne devait pas différer beau-
j coup de ceux-là ; l'élégant auteur, instruit à la poli-
/ tesse et au bon ton par le commerce des Scîpions,
/ devait moins déplaire que le plébéien Plante au poète
l de la cour d'Auguste. Horace rappelle, avec la môme
\ ironie que pour Gaecilius, l'opinion qui accordait l'art
s à Térence ; mais il l'a lu et il le possède, il fait plu-