Le Pappus rebute
De la forme dramatique il y a loin à la forme de discours ou de récit en vers, que désigne aujourd'hui dans toutes les littératures le mot satire. Toutefois, *en prenant ce nouveau sens, la satire ne s'est pas éloignée autant qu'on pourrait le croire, de son acception première. Elle est encore un mélange de sujets et de passions de toute sorte. Un satirique célèbre, Juvénal, la définit ainsi * : t Tout ce qui agite les. . hommes, l'espérance et la crainte, la colère et la volupté, la joie et l'inquiétude, voilà le mélange dont se composera ma satire. »
I Premiers poètes satiriques. — Ennius. — Le mérite d'avoir créé cette nouvelle forme littéraire est attribué au fameux Lucilius. Chez les anciens, son nom et celui de satire sont inséparables ; la satire est la muse de Lucilius, tout écrivain satirique travaille à être un Lucilius *. Horace le donne commale premier qui ait osé composer des vers de cette sor^e ^ Geperidant, d'après des témoignages certains, il faut reconnaître que le^gète Ennius avait au moins ébauché ce genre, auquel Lucilius a' donné saXûjaaap définitive. Eh effet, le vieux poète avait composé sous le noin de saturse des écrits bien dignes du nom de mélanges. Le mètre variait même dans la môme satire : c'étaient tantôt dés' vers Héroïques, tantôt des vers ïambiques ou trochaïques ; quant aux sujets, malgré la rareté et la faible importance des fragments conservés, iL-esi