‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 55 sur 433 · Sat., II, I · texte numérisé non relu

Sat., II, I

Lucilius ausus

Pritiius in hune operis componere carmina morein.

facile de voir qu'ils ftf.^^fint.ai|.Sj^LYané3 que le mètre. Ce qui est certain aussi, c'est que parmi tant^'élements divers la raillerie avait sa place. Le portrait piquant d'un parasite et de son patron que Térence a imité en est la preuve :

Quand tu arrives, libre de tous soucis, joyeux, baigné, avec tes dents bien plantées et ton bras agile, le corps dégagé, la tête haute, tout prêt à t'élancer comme un loup pour engloutir le bien d'autrui, dis-moi, que pense le maître de la maison ? Grand Dieu ! il cherche tristement à sauver son dîner, et toi tu le dévores en riant i.

11 n'y a donc point, comme un grammairien, Diomède, Ta prétendu, de séparation tranchée entre la satire d'Ennius et celle de Lucilius ; ce ne sont point deux genres distincts, Tun simple mélange de vers de toute sorte {carmen ex variis poematibus constans), l'autre expression de la raillerie (maledicum carmen). La variété des vers se trouve aussi chez Lucilius, puisque sur trente satires qu'il avait composées, neuf (de 21 à 29) étaient écrites en vers ïambiques. Nous verrons aussi que beaucoup de sujets sont étrangers au genre satirique ; mais le vers hexamètre héroïque domine et l'esprit de raillerie devient l'inspiration générale.

y Lucilius. — Sa vie. — Gaïus Lucilius naquit à iSuessa Aurunca, en Campanie, ville qu'il a rendue Célèbre, car les auteurs le nomment souvent le nourrisson d'Aurunca et sa poésie est la muse de Suessa {Camœna Suessa), Quant à la date de sa naissance, on

i . Quippe sine cura, laetns^ lotus quum advenis,

^nsertis'-^alis, expedito braccbio, Alacer, celsus, lupino exspectans impetu Mox quum alterius alligurias bona, Quid censés domino esse animi ? Proh divum fidem ! nie tristis cibum dum servat, tu ridens voras.

{Phormion^ II, se n, 339 et suiv.)

08 llïStOlRË t)Ë lÀ titTÈRAtUttE ftÔMAlNÉ

ne peut accepter celle qui est donnée par la chronique de saint Jérôme (147 ^'j^JjÇifi î ^^^ ^^ aurait eu moins de quatorze ans qU}nUl>R accompagna Scipion Emilien à Numance, où il fit la guerre comme chevalier, il n'aurait pas atteint sa dix-neuvième année au moment de la mort de ce grand homme dont il avait été, nous dit-on, Tami intime. Horace dit aussi que Scipion vivait lorsque Lucilius donna ses satires * ; or est-il probable qu'un jeune homme se soit attaqué avec tant d'audace à des personnages considérables? Nous croyons, avec M. L. MûUer, que Lucilius a dû naître trente-trois ans plus tôt, en igû^Saint Jérôme a été trompé par la ressemblance aSj5fiïniTtîar:CWStïrs de Tannée 147 avec ceux de Tancée 180* Cette correction expliquerait aussi le nom de senex souvent donné par Horace à Lucilius ^ Aurait-il pu désigner ainsi un homme qui serait mort à quarante-quatre ans, dans toute la force de Tâge ? On a contesté également la date fixée pour sa mort (103). Mais elle est certainement antérieure à Tannée 91 ; car les dialogues Swr V orateur, dont Cicéron place la scène à cette date, supposent que Lucilius n'est plus vivant. Le langage d'un des interlocuteurs de ces dialogues, l'orateur Licinius Grassus , ne permet aucun doute *.

,^ Lucilius appartenait à une famille patricienne, car

;|sa sœur ou sa mère fut l'aïeule du grand Pompée. On

ne sait presque rien de sa vie qu'il avait racontée lui-

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