‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 60 sur 433 · De orat,, m · texte numérisé non relu

De orat,, m

Crassum habeo gcnerum, ne rhetoricotero' tu sis.

Quam lepide lexeis compostae, ut tesserulae omnes Endo pavimento, atque emblemate vermiculato !

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE i03

scène assez piquante dont Albucius fait les frais. Elle se trouvait peut-être dans la même satire. La mode de parler grec, d'écrire en grec était déjà répandue; plusieurs personnages considérables avaient choisi cette langue pour raconter Thistoire de leur pays. Oaton se moquait de Tun d'eux, le consulaire Aulus Albinus qui, au commencement de son livre, s'excusait d'écrire le grec avec peu d'élégance. « En vérité, Aulus, s'écriait Caton, tu es par trop mauvais plaisant! Quoi ! tu aimes mieux t'excuser d'une faute que de n'y pas tomber * ? d Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, Lucilius pensait comme le sévère censeur. 11 nous montre Albucius débarquant en Grèce et reçu par le préteur d'Achaïe, ce même Mucius Scaevola, si peu ami de la rhétorique. Celui-ci imagine de ne lui parler qu'en grec, et toute son escorte fait de même. Voici le morceau de Lucilius, tel que Gicéron nous le donne ^ :

Tq veux être Grec, Albucius, plutôt que Romain et Sabin, compatriote de Pontius, de Titus, d'Annius, ces braves centurions, ces honorables citoyens, les premiers du peuple ? Tu le veux, eh 1 bien, soit I Lorsque, préteur, je reçois ta visite à Athènes, c'est en grec que je te salue: x^'^P^» dis-je, ôTitus I Et les licteurs, le cortège, la foule de répéter : x^^pe* Titus. Voilà pourquoi Albucius m'a déclaré la guerre, est mon ennemi juré.

Pourquoi Lucilius a-t-il attaqué si souvent ce même Mucius Scaevola ^ dont il se sert ici pour railler un ridicule ? Nous ne pouvons le dire. M. Scœvola, « le plus éloquent des jurisconsultes », comme l'appelle Gicéron, était arrivé aux plus hautes dignités ; il avait com-

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