Definibus, I
3. Lucilius le fait dire k Scévola lui-même: « Verum in me quidem Insit nie, ut solet : Mais il a ri k mes dépens, selon son habitude . i Perse, nous l'avons vu, dit (|ue JiUcilius déchirait Mucius Scévol».
ivent avec Grassus, son gendre, pour les stitutions ; c'est sous leur consulat que fut . loi Licinia Mucia, destinée à défendre le ité romaine contre ^invasion trop facile des Y avait peut-être eu quelques contradictions le politique, comme dans celle de Grassus. l en soit, Lucilius parait peu se soucier des 5S d'adversaires si puissants : « Quel est, ji que je n'ose pas désigner par son nom ? iporte que Mucius me pardonne ou ne me pas mes paroles * ?
e, Lucilius n'épargnait même pas ses amis ; ns qu'il accusait Scipion Ae purisme, et qu'il it des locutions provinciales de Vectius. On devant ses arrêts ; car la science du langage îs qualités que lui reconnaissent les anciens. )® satire traitait des questions de grammaire, t sur la valeur et la quantité des voyelles; il ns du mot jooema, qui, selon lui, ne convient courte pièce, et du mot poesis, qui désigne un âge. Il précisait le sens de cupiditas et de désir {cupiditas) ne peut être retranché de la maine , la passion [cupido) est le propre de ^tultus),
aorale.— Définition de la vertu. — Jusqu'ici e Lucilius n'a pas un caractère bien violent, emble avoir pris à tâche de combattre dans ît les discours de ses amis tout ce qui sort ire, la recherche excessive du beau style, la tentieuse du laiïgage grec, l'affectation du 'introduction choquante des locutions pro- G'est dans J^a^satire- nxorale qu'il montrera
Cujus non audeo dicere nomen ?
Quid refert dictis ignoscat Mucius an non ?
cette âprfttft^ r.ftf.fft vftrvff f^m^^^ gn^n^f çijg]j^]f ^ l^g aDciejïs. Mais en vertu de quels principes attaque-t-il Es vrciês^et les vicieux de son temps? Quelle est sa règle de conduite ? Par un hasard heureux, dans le plus long fragment qui nous soit parvenu des satires de Lucilius, est une définition de la vertu, telle qu'il l'entendait :
La ?ertu, AJbinus, c'est de savoir apprécier à leur véritable prix toutes les choses qui nous entourent et parmi lesquelles nous vivons; la vertu, c'est de savoir ce que chaque chose est en elle-même ; la vertu, c'est de discerner ce qui est droit, utile, honnête, quel est le bien, quel est le mal, ce qui est nuisible, honteux, déshonnête. La vertu, c'est de savoir dans quelle juste mesure on peut accroître sa fortune ; la vertu, c'est d'estimer la richesse à son juste prix, c'est d'accorder aux magistrats le respect qui leur est dû, d'être l'adversaire public, l'ennemi privé des hommes méchants et des mœurs mauvaises, et aussi le défenseur des gens de bien et des bonnes mœurs, de glorifier ceux-ci, de leur vouloir du bien, de vivre leur ami; enfin de mettre au premier rang dans son cœur les intérêts de sa patrie, puis ceux de ses parents, en troisième et en dernier lieu les siens.
Ce n'est point là l'idéal de vertu que propose aux hommes une philosophie sévère, comme le stoïcisme, ou une religion qui prêche le détachement des biens de la terre ; c'est une vertu toute pratique, merveilleusement conforme au caractère romain, qui ne méprise pas la richesse, mais qui en règle l'acquisition et l'usage, qui soumet toute chose au contrôle de la raison, qui fait de la mesure et de l'honnêteté la règle de la vie, d'ailleurs animée contre les méchants de
ces haines vigoureuses Que doit donner le vice aux âmes vertueuses,
et plaçant au premier rang parmi nos devoirs le ser-
vice de la patrie. Telle qu'elle est, cette définition est belle, et elle n'aurait pas déplu à ce vieux Gaton dont Lucilius invoquait le nom pour protéger l'audace de son langage :
Ce vieux Caton, qui avait le droit d'attaquer chacun par son nom, car sa conscience ae lui reprochait rien ^
j La cupidité et le luxe. — Parmi les vices les plus k contraires à cette sage mesure que recommande Luci- I lius, la cupidité et la profusion des dépenses tiennent y le premier rang. C'étaient aussi les deux fléaux qui, ;^epuis la conquête du monde, menaçaient le plus la iVsociété romaine. Le goût du luxe, des plaisirs somp- V tueux, de la gourmandise raffinée, avait fait des progrès que Lucilius, après Gaton, dénonce sans relâche et que les lois somptuaires, la loi Fannia, la loi Licinia, essayaient en vain d'arrêter. Or, à Rome, la profusion des dépenses était d'autant plus grave que la richesse n'était point le fruit légitime des entreprises commerciales ou des travaux de Tindustrie. C'est par les concussions, c'est par le pillage des provinces que beaucoup de fameux débauchés du temps avaient amassé les trésors qu'ils prodiguaient ensuite aussi scandaleusement qu'ils les avaient acquis. Aussi n'est-on pas surpris de voir les historiens et les moralistes romains réunir toujours dans leurs attaques ces deux passions qui semblent contraires, l'avidité [avaritia) et la profusion [luxuria).
Lucilius, à en juger par de trop courts fragments, poursuivait sans relâche l'avidité et le luxe chez les hommes puissants, les Nomentanus, les Lupus, les Gallonius, les Carbon, « qui croyaient ^gmivôirinipu-
1 . Nam velus ille Calo, dignus quemcumque lacessim • Appellare, quod ipse sibi non conscius esget,
HtSTOlRfe bE LA LITTERATURE ROMAINE
nément se livrer au mal et, braver toutes h ques* ». 11 s'élève surtout contre cette gouri T)focligieuse qui, dès cette époque, pour se sa explorait à grands frais les mers et les régions lointaines, contre la science raffinée de certain tels que celui du célèbre orateur Philippe qu guait un poisson péché dans le Tibre du poiss( même espèce pris dans la mer, qui pouvait mê ciser dans quelle partie du fleuve on Tavait soit à Tembouchure du Tibre, soit entre 1( ponts, ce qui ajoutait beaucoup à son prix. 11 s sur tous ces monstres nouveaux, les loups de ] esturgeons que Gallonius et les autres imagi placer sur leurs tables. 11 les accable par ceti trophe : « Vivez, gloutons ! vivez, goinfres ! vi\ très ! » et il leur oppose plaisamment l'oseille. vante les mérites avec l'enthousiasme que Cat fessait pour le chou :
Oseille, quel est celui qui ne te vanterait, pour te connaisse ? C'est en ton honneur que le sag poussait de véritables cris, lorsqu'il interpellait tous nos goinfres : « 0 Publius, gouffre de Galloniuî qu'un misérable ; tu n*as pas bien soupe une foiî vie, toi qui te ruines pour une langouste énorm esturgeon de dix livres ! » Telle était l'énergique a du sage Lœlius et il disait vrai 2.
Impiété. — Scélératesse. — Concussi( Lupus. — Tubulus. — Parmi les hommes dont les noms se rencontrent dans les fn de Lucilius, il en est deux qui semblent a) passé tous les autres et qui étaient devenus