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Nuits attiqties, xv

HISTOIRE bE LA LITTÉRATURE ROMAINE 109

ces ». Peut-être le dieu de la mer s'était-il levé pour protester contre ce patronage que lui attribuaient les mortels. Quoi qu'il en soit, toute cette satire ressemble fort aux scènes burlesques où Aristophane traite si lestement les dieux nationaux. Par ce côté encore Toeuvre de Lucilius procéderait, comme le dit Horace, des poètes de la comédie ancienne. On peut s'étonner de ce rôle chez un ami de Scipion et Laelius, défenseurs officiels des croyances religieuses ; mais il en était sans doute de Lucilius comme d'Aristophane ; ses bouffonneries n'attaquaient pas le fond des choses. Le Tubulus que nous avons vu nommé à côté de Lupus était, au dire de Cicéron, « un des hommes les plus scélérats et les plus impudents dont on ait conservé le souvenir * ». Préteur, il avait effrontément trafiqué des jugements; condamné à l'exil, il s'était signalé par tant d'infamies qu'il fut rappelé à Rome et condamné à mort ; il s'empoisonna pour échapper au supplice'. Gicéron nous dit que son nom était aussi odieux que celui d'Aristide était chw à tous.

I CarboD.— Carbon, que Lucilius associe dans ses attaques à Lupus^ei a 1 ubulus, n'était pas beaucoup moins

I décrié, soit qu'il s'agisse de C. Carbon, « le plus malhonnête des hommes^ », dit Gicéron, soit de Marcus, i< grand voleur de la Sicile * », dit encore Cicéron, soit d'un troisième frère, Gaïus, d'abord courtisan de C. Gracchus et son collègue, puis après le meurtre du grand tribun, déserteur de son parti, consul en 634 (120 av. J.-G.), et, cette année même, défenseur impudent d'Opimius, fameux par l'assassinat de G. Grac-

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