Furem magnum ex Sicilia
liO HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE
chus et par le massacre de ses partisans. Mais cette lâche palinodie ne désarma pas le parti vainqueur : à l'issue de son consulat, il fut accusé par L. Grassus, alors tout jeune, et s'empoisonna pour échapper à la condamnation.
Qpimius. — Ce même Opimî^v'tovoyé plus tard en Afri^tï^r^^^me chef d'une anibassade qui devait parta^r l'ancien royaume de Micipsa entre son fils Adherbal et Jugurtha, se laissa corrompre par l'or de celui-ci * ; il fut accusé et condamné, et alla vieillir dans l'exil. Lucilius n'avait pas épargné les mœurs du père, qui était lui aussi consulaire et triomphateur ; il infligea au fils le surnom sanglant de Jugurthin (Jugurthinus) ^. Mais combien d'autres ont dû être atteints par le fouet du satirique, s'il a nommé tous les malhonnêtes gens de cette Rome dont Jugurtha disait en la quittant : « Ville à vendre si elle trouve un acheteur 1 » Combien, comme L. Cotta, méritaient qu'on leur reprochât leur honteuse avarice^ I Combien, comme (Esernûrus, pouvaient être flétris pour leurs sales débauQ«s! Combien, comme Pubhus Pavusïuditanus, qi^teur quand Lucilius servit en Espagne, pouvaient se voir infliger l'épithète de « vaurien qui fuit le jour » [lucifugus nebulo) (satire XIV), ou, comme Trebellius, subir ce torrent d'injures : «fièvre, moisissure, vomissement, pourriture 1 * »
Ces exemples recueillis dans les fragments de Luci-