Ch. Lxxxv
Cj^t;on fi^t àla^mode ; ceux qui s'intitulaient attiques ïe prirent pour leur idéal. On vanta sa sobriété, sa simplicité, pour déprécier la riche et harmonieuse abondance de l'auteur des Verrines et des Catilinaires. L'historien Salluste affecta dans ses écrits de reproduire non seulement le tour et le ton sentencieux, mais les pensées et la langue de Gaton. Cet engouement fut plus excessif encore au temps de l'empereur Marc-Aurèle. Celui-ci aimait l'austère rudesse du vieux Romain. Le rhéteur Fronton, le maître de Marc- Aurèle, renchérissait sur cette admiration et croyait imiter Caton en reproduisant puérilement des archaïsmes et des répétitions de mots que l'orateur aurait évités cinquante ans plus tard.
Caton historien. — Si l'histoire de l'éloquence rofs maine commence en réalité avec Caton, on peut aussi / j le considérer comme le premier historien dont le I /nom mérite d'être retenu. Avant lui cependant ou ly autour de lui, plusieurs personnages considérables par leur naissance et par les honneurs qu'ils avaient exercés rédigèrent des annales où les écrivains postérieurs ont souvent puisé. Mais, fait étrange que nous avons déjà signalé, presque tous avaient écrit en grec.
Prédécesseurs de Caton. — Q. yflhfi^s Piriof est-il de ce nombre ? D'après le téînoignage de Denys d'Halicarnasse, on devrait le croire ; mais de nombreuses autorités, et, entre autres, celle de Cicéron prouvent le contraire. Peut-être Denys avait-il sous les yeux une traduction grecque des annales de Fabius ; peutêtre lisait-il Touvrage d'un autre Fabius, car on en cite plusieurs qui se sont occupés d'histoire. Q. Fabius Pictor était un membre de cette famille Fabia qui occupe une si grande place dans l'histoire des pre-
miers âges de Rome. On peut croire qu'ielle le dut en partie aux récits de Fabius. Lui-même joua un rôle important pendant la seconde guerre punique. Après la bataille de Cannes, il fut chargé d'aller consulter l'oracle de Delphes. Les fragments qui restent de ses annales, les longs morceaux que Denys et Plutarque semblent en avoir extraits, ont une couleur religieuse conforme à l'esprit de ces anciens temps et à celui de la famille Fabia, L'intervention du ciel dans les affaires humaines y est fréquente, et rhistorien rapporte ces légendes avec le respect le plus naïf.
A côté de Fabius Pictor , L. Cincius Alimentus, questeur et préteur pendant la sSLuudu ^lierre piinique, prisonnier d'Annibal, était estimé des anciens pour son exactitude *. Il avait raconté en grec les événements dont il avait été le témoin ; sans doute les récits d'un homme qui avait vécu plusieurs années dans le camp des Carthaginois auraient eu pour nous un grand intérêt.
Rien ne nous est resté, ni de ^ fior^^^^n^ Srip?^". fils du premier Africain, auteur d'une histoire écrite en grec, dit Cicéron, dans un style plein de charme^, ni de C. ^cilius Glabrion, dont le récit commençait à l'origine de RômB-^t-s'i^'CTidait jusqu'au temps même d'Acilius. Elle est citée plusieurs fois par les anciens, et un certain Claudius, que nomme Tite-Live, la traduisit du grec en latin.
Nous avons déjà parlé, à propos de Lucilius, dj^"^'^g
Jlo&tumiufrAlbinus, consul et censeur, dont les annales "^ sont mentionnées par Cicéron et par beaucoup d'historiens et de critiques. C'est lui qui s'excusait de son
i . « Diligens raonumentorum auctor, » dit Tile-Li?e.
2. « Historia quaedam graeca, scripta dulcissime.» [De Claris oratorio bus, ch. XIX.) Est-ce une histoire de la Grèce? Plus bas Cicéron dit d'Albinus : « is qui grœce scripsit historiam.»
mauvais grec et qui s'attirait une mo de Gaton.
Les Origines de Caton. — Il faut arri pour trouver un monument historiqui par son caractère original et pouva quelques fragments et à de nombre Tobjet d'une appréciation véritable.
^^^^jGernélius Népos, dans la Vie de CaU ouvrage :
Dans sa vieillesse il écrivit une histoii de sept livres : le premier contient le temps des rois ; le second et le troisiènn chaque peuple d'Italie. C'est pour cela donné à l'ouvrage entier le nom à!Origi a pour sujet la première guerre puniq embrasse la seconde guerre, et tous ces racontés sommairement. 11 a suivi de lai autres guerres jusqu'à la préture de Sergi les Lusitaniens. 11 n'a pas nommé ceux c guerres, il a rapporté les faits sans le même livre il a exposé tout ce qu'il renc quable en Gaule et en Espagne. Ce tra beaucoup de travail, d'exactitude et de s
Cornélius s'est trompé en disant q gines convenait seulement au seconc livre. Les fragments et les témoigna contraire * ; car, dans le premier li^ sait les origines mêmes de Rome, ei Aborigènes et aux Troyens; puis celh temne, des Sabins, à mesure que ( peuples se rencontraient dans ses réc