Nonius
3. Pleraque Gallia duas res induslriosissime persequitur, rem militarem et argute loqui.
HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE lii
''autres la défense des Rhodiens, dont nous avons cité 5S principaux passages ; le discours contre Sulpicius ialba, le bourreau des Lusitaniens, et sans doute les liscours qu'il prononça dans le sénat contre Garnéade. )r, ne fallait-il pas, pour introduire ces morceaux aratoires, qu'il exposât les circonstances, qu'il nom- [mât au moins ses adversaires? Est-il possible, par {exemple, qu'il ait flétri l'abominable perfidie de Galba sans prononcer même le nom de Galba ? Mais voici [un fait qui semble prouver que Gaton n'a pas toujours observé cette singulière méthode. Dans l'exposé des févénements de la guerre punique en Sicile, il ra- Icontait la belle action d'un tribun militaire, Q. Gaedi- Jcius, qui, en se dévouant à la mort avec quatre cents soldats, dégagea l'armée romaine cernée par les Gar- ' thaginois. Or, d'après le texte d'Aulu-Gelle* qui résume le passage, il n'est pas douteux que Gaton avait nommé le tribun. Les noms propres n'étaient donc pas absolument exclus des Origines,
Une autre conclusion à tirer de ce récit du dévouement de Gaedicius, c'est que Gaton,commelefit plus tard tant de fois son imitateur Salluste, mêlait les réflexions au récit, et, p?ir des rapprochements et des critiques, donnait quelquefois à son histoire le caractère d'un traité de morale. Aulu-Gelle a conservé le texte même de ce développement digne d'être cité :
Les dieux immortels donnèrent au tribun militaire la fortune que méritait sa valeur. Car voici ce qui arriva : percé de coups dans le combat, il ne reçut aucune blessure à la lôte ; on le trouva au milieu des morts, épuisé et respirant à peine, parce qu'il avait perdu beaucoup de sang; on l'emporta, il se rétablit et rendit encore dans la suite d'importants et glorieux services à la république. En condaisant à la colline la troupe de soldats romains, il avait