‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 8 sur 433 · Epist.yU, 1, 139 et suiv. — Géorg., U, 384 el stiiv · texte numérisé non relu

Epist.yU, 1, 139 et suiv. — Géorg., U, 384 el stiiv

de. la comédie. Les mots farce, pot-pourri, ont eu chez nous la même fortune *.

Dans la période suivante, après rétablissement d'un théâtre à Rome et l'introduction des pièces régulières empruntées à la Grèce, Tusage des saturœ continua ; mais elles ne furent plus employées que comme une sorte de délassement après la pièce régulière {fabula). On rappela exodium (sortie, petite pièce de la fin).

Atellanes. — Un autre genre de comédie bouffonne, Vatellane, ainsi nommée de la ville campanienne d'Atella, apparut à Rome vers Tan 210 avant Jésus- Christ. Elle ressemblait beaucoup à la satura. Les jeunes Romains se réservèrent le privilège de la jouer couverts d'un masque, tandis qu'ils laissaient à des acteurs de profession (histriones) la représentation des fahulœ. Ces histrions étaient des esclaves ou des affranchis ; tout citoyen qui aurait paru avec eux sur la scène aurait encouru par là même la peine de la dégradation.

Nous suivrons plus tard, en parlant du théâtre, la fortune de la satura et de Tatellane, et nous verrons comment de la satura est sorti le genre littéraire connu partout sous le nom de satire. Signalons seulement dans les farces informes de ces premiers siècles 'lie Rume r^spiTlT dé moquerie malicieuse et de causticité qui est un des instincts du peuple romain et un des caractères de sa littérature.

Chants de triomphe. — On le retrouve jusque dans une dernière espèce de chant que nous n'avons pas encore signalé, le chant de triomphe. Pendant que le général vainqueur était porté au Gapitole sur un char

1. L'historien Mommsen et d'autres critiques donoenl une explication diflFérente. Selon eux, c'était le chant^ la mascarade des saturi (des gens pleins, rassasiés).

IG niSTOlBE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE

traîné par quatre chevaux blancs, et que devant lui marchaient les prisonniers et les images des villes captives, les soldats qui formaient la haie mêlaient aux louanges du triomphateur des plaisanteries licencieuses et des sarcasmes souvent très vifs. Qn peut croire, d^a^rès. certains passages des auteurs^ romains S que Tarmée se partageait en deux choeurs qui se répondaient, Tun célébrant les vertus du vainqueur, l'autre raillant avec effronterie ses vices.

Origines de la prose. — Les fastes. — On voit à quoi se réduisent les traditions poétiques de la Rome primitive ; on peut dire que, dans ces premiers âges, la poésie est absente. Contrairement à la Grèce qui, dès le berceau, bégaya des vers, Rome a commencé par la prose. Le caractère positif dès TTôiînaîns les portait 3e"pr^rence vers le droit, vers l'histoire, vers l'éloquence ; Cicéron ^ et Horace ^ l'avaient reconnu. « A Rome, dit Horace, on aima longtemps l'antique usage de se lever matin, d'ouvrir su porte aux clients pour leur expliquer les lois, de placer son argent avec précaution, sur de bonnes garanties, d'apprendre des plus âgés et de redire aux plus jeunes le moyen d'accroître le patrimoine, de modérer les passions qui le dissipent.» La jurisprudence commence donc de bonne heure, et elle se trouve étroitement unie à la religion ; car les fêtes et les cérémonies interviennent sans cesse dans la vie des Romains. A certains jours, les tribunaux sont ouverts, les affaires peuvent être traitées ; ce sont les jours fastes. Mais il se rencontre aussi beaucoup de jours néfastes, où toute la vie civile est suspendue. De la nécessité de connaître ces jours et d'observer exactement les fêtes prescrites naquit le

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