‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 9 sur 433 · Epist.,U · texte numérisé non relu

Epist.,U

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE il

calendrier ou fastes, que les ponlifes rédigèrent chaque année. On sait que la connaissance du calendrier fut longtemps interdite aux plébéiens; ce fut seulement en 447 de Rome qu'un scribe, nommé G. Flavius, trouva moyen de copier les fastes et de les publier en les exposant dans le forum.

Annales des pontifes. — Il y avait déjà dans la rédaction des fastes un commencement d'bistoire ; car, à côté des fêtes, les pontifes notaient les circonstances qui en avaient amené l'institution. Mais l'histoire a pour origine principale chez les Romains le recueil qu'on appelle Annales des pontifes ou Grandes Annales [Annales maximi). C'étaient des notices très courtes, que le grand pontife composait en relatant les événements principaux de chaque année, sans négliger les éclipses, les prodiges, les dédicaces de temples, etc. Elles étaient tracées sur une table blanche [album), que le pontife exposait sur le mur extérieur de sa maison pour que chacun pût en prendre connaissance ; puis elles étaient transcrites sur des registres, et elles formèrent plus tard une collection de quatre-vingts volumes. On croit que leur rédaction commença, non pas à l'origine de Rome, comme le dit Cicéron, mais depuis la république. Elle fut continuée jusqu'au pontificat de Mucius Scaevola (132 av. J.-C). Mais les parties les plus anciennes furent détruites, en 390 av. J.-C, dans Tincendie de Rome par les Gaulois. Le reste, malgré l'insignifiance de beaucoup de détails et l'omission de faits importants, a été utile aux historiens ^^ romains, qui citent souvent ces Annales.

Chroniques privées. — Eloges funèbres. — A côté de ce document officiel, les familles jiobles avaient conservé des chroniques privées qui remontaient aux temps lerplus vecMléa. Ma^is elles qe méritaient p^s

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plus de confiance que les éloges funèbres dont parle Cicéron et qui ont, dit-il, altéré gravement Thistoire romaine : « Ils contiennent des faits qui ne sont jamais arrivés, des consulats plus nombreux qu'il n'y en a eu ; ils bâtissent des généalogies menteuses et rattachent impudemment des plébéiens à des familles patriciennes qui portent le même nom *. »

Parmi ces éloges funèbres dont Tusage paraît avoir été fort ancien, quelques-uns, consacrés à de grands personnages, comme Brutus, le fondateur de la liberté, comme Q. Fabius, comme Appius Claudius, devaient avoir, en raison de l'illustration même des hommes, plus de sincérité et plus de valeur historique. On ne les connaît que par un petit nombre de renseignements authentiques et par de très courts fragments. Mais il ne semble pas qu'il s'y soit rencontré de véritables qualités littéraires ni qu'il faille y chercher une des sources de l'éloquence romaine.

Origines de réloquence. — C'est plutôt dans les uttes politiques du forum et dans les débats judiciaires que l'éloquence a dû naître. Il est difficile a'admettre que le talent de la parole n'ait pas compté pour beaucoup dans l'influence et la popularité d'hommes tels que Brutus, Valérius Publicolà et les autres chefs du nouveau gouvernement, qui ne pouvaient rien qu'en persuadant le peuple et en obtenant son appui. L'institution du tribunat donna sans aucun doute une nouvelle impulsion à l'éloquence. Bude et inculte d'abord, comme Tavoue Tite Live en parlant de Ménénius Agrippa ^ elle dut se polir et s'orner peu à peu, lorsque cette magistrature nouvelle eut ouvert une carrière à l'ambition des plébéiens et que

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