‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 80 sur 433 · De Claris oratoribusy ch. xxvii · texte numérisé non relu

De Claris oratoribusy ch. xxvii

avec un tel succès que le peuple commença à compter sur lui et que l'aristocratie chercha les moyens de l'écarter du tribunat. Questeur en Sardaigne (126), il y acquit par sa justice et son désintéressement une popularité qui porta ombrage au sénat. Afin de le tenir loin de Rome, on le prorogea dans ses fonctions sous divers prétextes ; au bout de la troisième année il abandonna sa province et revint à Rome. Cité devant les censeurs, il se justifia par une apologie triornphante : la loi l'obligeait à faire dix campagnes, il en avait fait douze ; la loi lui permettait de se retirer après un an de questure, il était pour la troisième année auprès de son général. Il voulut aussi se justifier devant le peuple, et voici un passage curieux de son discours qui nous a été conservé par Aulu-Gelle * :

Je me suis conduit dans ma province comme j'ai cru devoir le faire dans votre intérêt, sans songer à me ménager des amis Personne ne pourrait dire que j*aie reçu en

présent un as ou plus d'un as. J'ai passé deux années entières dans ma province ; si jamais un esclave a été par moi sollicité de mal faire, regardez-moi comme le dernier des misérables. Et si je me suis comporté avec tant de réserve avec les esclaves, vous pouvez juger comment i*ai

vécu avec vos fils Aussi, Romains, les ceintures que

j'avais emportées4)leines d'argent, je les ai rapportées vides ; d'autres ont emporté des amphores pleines de vin et les ont rapportées pleines d'argent.

Malgré une autre accusation que lui suscita la noblesse, Gaïus résolut dès lors de briguer le tribunat. S'il faut regarder comme authentique une lettre que nous avons sous le nom de Gornélie, celle-ci était opposée à ce dessein et suppliait son fils de renoncer à cette entreprise. Mais les sentiments exprimés dans

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