Deoratore, I
teur qui appartient à la fois à la génération de Cotta et à celle de Cicéron, Q. Hortensias Hortalus. Né en 114, huit ans avant Cicéron, Hortensias débutait à dix-neuf ans, assez jeune pour recevoir les félicitations de Crassus et d'Antoine. Après la mort de ces deux orateurs, il joua le premier rôle avec Cotta, sur lequel il remportait par le pathétique, par l'action et par l'éclat de la parole. Le jeune Cicéron se forma sur ce modèle. Mais le maître fut bientôt dépassé par son élève, et la longue existence d'Hortensius lui réserva la douleur de voir son talent s'affaiblir, tandis que Cicéron grandissait toujours et devenait le maître incontesté de Téloquence.
Hortensius appartenait à une illustre famille plébéienne. Son premier discours fut une défense de la province d'Afrique, opprimée par ses magistrats. H le prononça sous le consulat de Crassus. On cite encore de lui un plaidoyer pour le roi de Bithynie, Nicomède, quelque temps avant la guerre Sociale. Puis il porta les armes comme soldat, comme tribun militaire, enfin comme lieutenant de Sylla dans l'expédition contre Mithridate. Au retour d'Asie, il plaida encore des causes importantes, qui ajoutèrent à sa réputation et lui ouvrirent facilement la route des honneurs. Il arriva rapidement à la questure, à rédilitc et au consulat (69j. Il était consul désigné, quand il accepta le triste rôle de défenseur de Verres, poursuivi par les Siciliens. Il avait cédé aux instances de l'aristocratie, intéressée à l'acquittement de l'accusé. D'ailleurs, ami du luxe et des beaux-arts, il n'avait pas été insensible aux offres de Verres, et il avait reçu de lui un sphinx en ivoire ou en airain de Corinthe, d'up prix inestimable. Malheureusement il rencontra devant lui Cicéron qui déjà avait été son adversaire dans un plaidoyer pour Quinctius, et l'éclatant succès du jeune orateur fut la punition d'Hortensius et le commence-
sa décadence. Comme nous le verrons, les Ver- Gicéron, écrites et répandues par lui, eurent un e retentissement. Hortensius rédigea aussi ses ;; mais t il parlait mieux qu'il n'écrivait »,nous :on S et ses plaidoyers ne furent pas goûtés, chec paraît l'avoir écarté quelque temps du . Nous le retrouvons, en 67, combattant les tribinius et Manilius, qui voulaient armer Pompée roirs extraordinaires dans la guerre contre ite. Cicéron était partisan de la loi et la fit er par son discours Pro lege Manilia. C'était [ide faute politique ; mais il ne la comprit que d et, d'ailleurs, il avait besoin de l'appui de
pour arriver au consulat, îlations des deux orateurs restèrent bonnes,
un peu froides. Cicéron ne manquait pas ►n de rendre hommage au talent d'Hortensius, ci reconnaissait plus ou moins sincèrement la ité de son émule. Ils plaidèrent ensemble pluluses, entre autres celles de Muréna, l'année lu consulat de Cicéron (64 av. J.-C). Quand fut poursuivi par Clodius qui voulait venger ies complices de Catilina, Hortensius le défensans courage. N'ayant pu empêcher son exil, il , par ses discours dans le sénat, de hâter son [1 est vrai que Cicéron, aigri peut-être par le •, accuse la mollesse de ces démarches. Ce fut lus qui proposa Cicéron pour Timportante i'augure.
nsius mourut au moment où allait commenjerre entre César et Pompée. Cicéron a déploré iment cette mort au début de son dialogue Sur urs illustres. C'est aussi par cet ouvrage que uvons nous faire une idée de l'éloquence
•OVy 3S : Diccbat melius quam scripsit.
d'Hortensius. Elle s'était formée, selon Gicéron, par une étude étendue de la littérature grecque, par un travail et des exercices journaliers ; elle devait beaucoup à une mémoire prodigieuse. La fécondité inépuisable et la richesse de la parole, Tharmonie exquise des périodes, le charme d'une voix à la fois douce et sonore, d'une action un peu trop savante : tels étaient les caractères du talent d'Hortensius. Quant à l'explication de sa prompte décadence, Gicéron la donne aussi. D'abord, Hortensius, après son consulat, perdit de son ardeur pour le travail, et sa grande fortune, en lui permettant une vie fastueuse, le détourna de l'étude. Il perdit sa grande facilité de parole ; en outre, lesqualités brillantes qui avaient charmé chezun jeune homme, ne convenaient plus à un homme voisin de la vieillesse. Ges traits ingénieux, cette éloquence toujours fleurie, ces périodes pompeuses, cette action presque théâtrale ne paraissaient pas d'accord avec la gravité de l'âge mûr et la dignité d'un consulaire. G'est ainsi que Gicéron effaça bientôt celui qui l'avait précédé dans la carrière. Nous verrons que la richesse du genre asiatique, caractère du talent d'Hortensius, lui fut reprochée à lui-même par les amis d'une éloquence plus simple et plus sobre, à laquelle ils réservaient le nom d!attique.
Hortensia. — Hortensius eut un fils peu digne de lui ; mais sa fille Hortensia paraît avoir hérité des qualités paternelles. Les triumvirs Octave, Antoine et Lépide avaient frappé les dames romaines d'un énorme tribut destiné à payer les frais de la guerre civile. Aucun orateur n'osait réclamer pour elles. Hortensia eut le courage de plaider cette cause devant le tribunal des triumvirs et elle réussit à faire décharger les dames de la plus grande partie de l'impôt *.