VII
lant, plus dramatique ; l'auteur ménage la délicatesse de ses lecteurs en donnant au Gaulois des vêtements de couleurs variées, en adoucissant le trait de la fin : chez lui Manlius ne coupe pas la tête de son ennemi abattu, il ne lui arrache pas violemment son collier, il le prend pour le mettre à son cou. Dans ces adoucissements, comme dans Télégance exquise et l'harmonie du style, on sent que Técrivain appartient à une époque plus raffinée ; mais le récit plus simple du vieux chroniqueur ne manque pas non plus de vivacité et d'intérêt.
Valérius d'Antium. — Un autre historien du même temps, Q. Valérius d'Antium, a visé aussi à l'élégance ; mais son style fleuri, demi-poétique, choque souvent le goût. L'esprit critique fait défaut à cet auteur, dont la vaste histoire commençait à la fondation de Rome et s'étendait au moins jusqu'à l'an 90 av. J.-C. Gomme Calpurnius Pison et comme Hémina, il cherche à ramener à la vérité les légendes mythologiques, et il n'est pas plus heureux dans ses explications. Du reste, arrivé aux temps historiques, il n'a pas grand souci de l'exactitude ; quand il raconte des batailles, il exagère d'une façon monstrueuse le nombre des morts. T. Live cite souvent cet écrivain ; mais presque toujours, c'est pour relever ses erreurs.
Cornélius Sisenna. — L. Cornélius Sisenna, contemporain de Valérius et son collègue dans la préture, est placé par Cicéron au-dessus de tous ses prédécesseurs*. Le savant Varron a confirmé ce témoignage en donnant à son dialogue sur l'histoire le titre de Sisenna. Il avait raconté l'histoire des guerres civiles de Sylla et de Marins. Salluste, qui n'appartient pas au