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498 HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ROMAlI>iE
Etudes de Cicéron. — La prodigieuse fortune de Marius, qui, deux ans après la naissance de Cicéron, triomphait de Jugurtha, et bientôt (102), vainqueur des Teutons et des Cimbres, recevait le surnom de troisième fondateur de Rome, influa sans doute sur la direction donnée à son jeune compatriote. Le père de Cicéron put espérer pour ses enfants un brillant avenir sous le patronage de Marins ; il voulut que Véducation de Marins et celle de son second fils, Quintus, plus jeune de deux ou trois ans, fussent soignées et complètes. De bonne heure, les deux frères furent envoyés à Rome pour y étudier avec les fils de leur oncle maternel, C. Aculeo, jurisconsulte estimé de son temps. Le célèbre orateur L. Crassus, ami de la famille, dirigea lui-même les travaux de ces jeunes gens, qui suivirent les leçons des meilleurs maîtres. Le poète grec Archias, récemment établi à Rome, les vit beaucoup chez Crassus ; il leur inspira à tous, mais surtout à Marcus, une grande ardeur poétique. Au rapport de Plutarque, celui-ci composa, avant Tâge de quatorze ans, un petit poème grec intitulé Pondus Glaucus. A vingt et un ans il traduisait en vers les Phénomènes du poète grec Aratus. Vers la même époque, il célébrait dans une épopée son compatriote Marins, dont la gloire devait être chère à tout citoyen d'Arpinum.
La poésie ne lui faisait pas négliger les études de grammaire et de rhétorique. Nous avons vu que le fameux grammairien L. JElius Stilo fut son maître comme celui de Varron. Il s'initiait profondément à la langue grecque et en acquérait l'habitude par de nombreux essais de composition et de traduction. Cependant, à l'âge de seize ans (91 av. J.-C), dès qu'il eut pris la robe virile, il voulut joindre aux exercices d'école les leçons vivantes et pratiques du forum. A cette époque de violentes agitations, tous les jours
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des causes intéressantes étaient portées devant les tribunaux: Cicéron suivit les plus célèbres orateurs et en particulier Sulpicius, qui périt bientôt, comme nous lavons vu. victime des guerres civiles. En même temps qu'il se formait ainsi aux débats judiciaires et aux discussions politiques, les deux Scaevola, Tun augure, Tautre grand pontife, et tous les deux jurisconsultes renommés, lui enseignaient le droit. Cicéron a fait de l'aîné des deux cousins, Q. Mucius Scaevola l'augure, un des interlocuteurs de ses dialogues Sur torateuVy Sur Vamitié et Sur la république, 11 profita aussi de la présence à Rome du philosophe épicurien Phèdre et de l'académicien Philon pour étudier les principaux systèmes de la philosophie grecque. Un peu plus tard, il connut le stoïcien Diodore, qui devint son hôte et mourut dans sa maison. Ces études sérieuses et fortes durent singulièrement développer son esprit, pendant que les leçons du rhéteur Apollonius Melon, qui vint à Rome vers la même époque, achevaient de Tinilier à tous les procédés de l'art oraitoire. A l'âge de dix-huit ans, en 89 av. J.-G , Cicéron avait débuté dans la vie de citoyen. La guerre sociale venait d'éclater; le jeune homme fit ses premières armes sous le commandement du consul Q. Pompeius Strabo.
Débuts oratoires. — Il attendit plus longtemps pour ses débuts oratoires, et il avait vingt-six ans quand, pour la première fois, il plaida au forum. 11 commença par une cause civile (81), et défendit un certain Publius Quintius contre un adversaire puissant, qui, en outre, avait pour avocat le premier orateur du temps, Hortensius. On peut conjecturer par le témoignage d'Aulu-Gelle que Cicéron gagna sa causé *.