‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 100 sur 124 · Èlogè de Calpumiut Piton, viero 131 et sui?atit · texte numérisé non relu

Èlogè de Calpumiut Piton, viero 131 et sui?atit

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vori de Néron, n'eut jamais à mendier l'assistance de per* sonne; enfin la poésie de Lucain, si énergique et même si savante, malgré ses défectuosités, n'a rien de commun, ab~ solument rien, avec la plate et insignifiante poésie de V Éloge de Calpurnius Pison.

Il y a un poète auquel on n'avait pas songé d'abord, qui a tous les titres requis à cette paternité contestée. C'est Saléius Bassus, l'humble Saléius, comme le désigne Juvénal, ou, pour traduire plus exactement, le mince Saléius. Il était fort pauvre : l'épithète de Juvénal en fait foi ; surtout le commentaire dont Juvénal l'accompagne. Les libéralités de Vespasien le tirèrent de la misère; mais il avait été longtemps réduit aux expédients. D'ailleurs les dates conviennent : Saléius écrivait déjà au temps de Perse et de Lucain ; et rien n'empêche qu'il ait, à vingt ans, composé Y Éloge de Calpurnius Pison. Ce début n'annonçait pas un grand génie, ni même un véritable talent. Il parait cependant que le panégyriste de Pison se fit plus tard une assez belle place dans la littérature, à côté de Martial et de Stace. L'auteur du Dialogue des Orateurs donne à Saléius le titre de poète excellent; il dit que les vers naissent chez lui élégants et pleins de charme. Mais nous ne savons pas par quelle œuvre Saléius avait conquis sa réputation. Nous ne savons pas non plus s'il appartenait à ce que nous nommons l'école virgilienne. Son premier poème me porterait à le croire : la versification en est passablement simple, et la diction à peu près pure. Cependant je dois remarquer que Quintilien parle de'Saléius Bassus dans des termes qui feraient supposer un émule de Lucain bien plus qu'un disciple de Virgile : «* Saléius Bassus eut un génie véhément et poétique, et que la vieillesse même ne parvint pas à mûrir. »

Térentianu» Blaams.

Quant à Térentianus Maurus, celui qui a versifié les règles de la métrique, et qui est, selon quelques-uns, le même Térentianus, préfet de Syène, dont il est question dans Martial, nous devons le compter comme un des partisans les plus déclarés de la réaction classique. Son style n'a au*

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cun des défauts dont les virgiliens mêmes n'ont pa se préserver. Il traite en fort bons termes, dans ses quatre livres, et même avec infiniment d'art, des lettres de l'alphabet, des syllabes, des pieds et des mètres; il donne, comme le remarquent ses admirateurs, l'exemple avec le précepte, car il emploie, à propos de chaque espèce de rhythmes, des vers écrits dans la mesure de ceux dont il explique les règles. Je ne demande pas mieux que de reconnaître dans Térentianus Maurus un homme savant et habile. Son poème est, si l'on veut, le chef-d'œuvre du genre auquel appartiennent les Racines grecques. Mais on conviendra, je l'espère, que Térentianus est trop près, malgré tout, du bonhomme Lancelot, pour ne pas être un peu loin de Virgile.

Columelle.

Térentianus Maurus n'aurait pas écrit les Géorgiques, Un brave agriculteur eut l'ambition de les compléter. Lucius Junius Modératus Columella, un Espagnol de Gadès, contemporain probablement des poètes dont nous venons de parler, rédigeait un traité de la Chose rustique, comme autrefois Galon et Yarron. Arrivé à son dixième livre, il imagina d'écrire ce livre en vers, parce qu'il s'agissait des jardins, et parce que Virgile avait dit : « Mais l'espace me manque ; je passe à côté de ce sujet, et je le laisse à chanter à d'autres^ ; » puis il revint à la prose, dans le reste de son ouvrage, c'està-dire dans le onzième livre et dans le douzième. Golumelle était un prosateur honnête; mais la vérité me force à confesser qu'il n'est guère plus poète dans son dixième livre que dans les onze ^autres. Il traite des jardins en jardinier, ou plutôt en maraicher, car il a à cœur l'utile beaucoup plus que l'agréable. Ses vers sont d'une simplicité nue : le poème, selon l'expression d'un critique, n'est guère plus orné qu'un potager. On voit que, même avec le continuateur de Virgile, nous sommes encore aux antipodes des Georgiques.

Autres poètes eonteoiporaliui.

Je ne sais si je dois ranger parmi les hommes de l'école

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