‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 107 sur 124 · AULU-GELLE. — APULÉE · texte numérisé non relu

AULU-GELLE. — APULÉE

mil0ère« liUéralre« du deuxième slèele.

Quand Rome ejnt conquis Tunivers, il en fut d'elle, dit la poétesse Sulpicia, comme de Tathlète des jeux d'Olympie, qui, resté seul vainqueur dans le stade, languit et s*énerve, consumant son courage dans un immobile repos. Ce repos, selon la remarque de Sulpicia, fut employé du moins aux pacifiques travaux de là pensée. Mais le génie littéraire de Rome eut à son tour sa défaillance, et une défaillance plus profonde encore que celle où s'était jadis affaissé son génie

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polilique. Après Juvénal, la poésie disparait; après Plioe le Jeune, 1 éloquence ; après Tacite, Thistoire. Le deuxième siècle, du moins à partir du règne d'Adrien , est la stérilité même. On cite pourtant un nom de poëte, ou plutôt de versificateur, Flavius Avianus. Mais quel poète que cet Avianus , si c'est lui qui a rédigé les quarante-deux apologues en vers élégiaques, que d'ordinaire on lui attribue I Un poète de la force de Dionysius CatonI un écrivain presque sans esprit, et quasi-barbare ! Ces vers sont si mauvais, que plus d'un critique ont refusé d'y voir une production du II*" siècle^ et qu'ils les rapportent non point à Avianus, mais à Aviénus, écrivain du iv** siècle. Quant au véritable Avianus , si on le dépouille des apologues , nous ne savons plus ni ce qu'il a fait, ni quelle était la nature de son talent, ni même s'il avait l'ombre du talent. Je ne parle pas de quelques épigrammes, dont les auteurs sont inconnus , ni même des jolis petits vers de l'empereur Adrien à son âme : ces bluettes prouvent seulement que les études de versification n'étaient pas négligées. Adrien, malgré son esprit, n'est pas plus un poète qu' Avianus. On cite un nom d'orateur; mais cet orateur était Fronton : nous dirons tout à l'heure jusqu'à quel point Fronton a mérité ce beau titre. Quant à l'histoire, on ne cite ni un livre ni un nom. Qu'on juge de ce que nous.allons rencontrer à travers ces landes! Notre chapitre sur les écrivains du ii« siècle se réduirait presque à rien, signons n'avions pas à parler du rhéteur Aulu-Gelle et du romancier Apulée.

Vi<èiiton et Marc Anrèle.

Marcus Cornélius Fronto a eu du malheur. Avant les découvertes d'Angelo Mai sur les manuscrits palimpsestes , il ne restait que quelques mots de ses écrits, et il était permis de voir en lui un homme de grand talent, sinon, comme quelques-uns le nomment, un orateur du premier ordre.

Les anciens s'étaient complu à lui décerner à l'envi les plus magnifiques éloges. Aulu>Gelle, qui l'avait connu personnellement, célèbre la pureté de son goût, la grâce de son langage, et les charmes de sa conversation, nourrie de tou-

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