‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 116 sur 124 · LES DERNIERS PROSATEURS · texte numérisé non relu

LES DERNIERS PROSATEURS

salaire de vils portefaix les aliments de la chasteté sacrée. Cette mesure fut suivie d'une famine publique; et la moisson souffrante trompa Tespérance de toutes les provinces. 11 n'y a pas là de la faute des terres. Nous n'imputons rien aux astres. Ce n'est pas la rouille qui a nui aux blés ; ce ne sont pas les mauvaises herbes qui ont étouffé le bon grain. Un sacrilège a fait la sécheresse de l'année. Il fallait bien que ce qu'on refusait à l'entretien du culte pérît pour tous. Oui, s'il existe quelque exemple d'un tel fléau , imputons une famine si grande aux vicissitudes des années. Oui , alors c'est l'influence pernicieuse des airs qui a causé cette stérilité. On conserve sa vie à l'aide des arbres des bois ; et la disette du peuple des campagnes a recouru de nouveau aux chênes deDodone. Les provinces ont-elles eu à souffrir rien de pareil , alors qu'un honneur public nourrissait les ministres du culte ? Quand le chêne fut-il secoué pour l'usage des hommes? Quand arracha-t-on les racines des herbes ? Quand arriva- t-il que ce qui manquait à une contrée ne trouvât pas son supplément dans la fécondité d'une autre, alors que la récolte était commune au peuple et aux vierges sacrées? En effet , l'entretien des ministres du culte assurait les productions de la terre, et était un remède plutôt qu'une largesse. Peut-on douter que ce que vient de réclamer aujourd'hui la disette universelle n'ait toujours été donné dans l'intérêt de l'universelle abondance^? »

Macrobe.

Âurélius Macrobius Ambrosius Théodosius» contemporain de Symmaque et son ami, fut aussi un homme public ; le code Théodosien fait même mention de lui à plusieurs reprises. Mais sa vie est à peu près inconnue. On ne sait ni la date de sa naissance, ni celle de sa mort, ni même le pays où il est né. Il suffit presque de jeter les yeux sur ses ouvrages, pour s'apercevoir qu'il n'était pas chrétien. Macrobe était toutefois plutôt un philosophe qu'un païen à la manière de Symmaque. On peut même le ranger parmi les adeptes de la doctrine néo-platonicienne. Nous avons de lui

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