Symmaque, Lettres, IWreX, lettre
plusieurs ouvrages. Mais c'est bien moins pour ce qu'il a écrit que pour ce qu'il a sauvé de la destruction, que la postérité lui doit son estime et sa reconnaissance. Gomme écrivain, Macrobe n'atteint guère qu'à une honnête médiocrité. Il n'a ni la verve de Symraaque, ni la gravité d'Ammien Marcellin. Il manque presque d'esprit, et son goût n'est pas irréprochable. Son style a tous les défauts du temps; et, quoi qu'en disent quelques critiques, Macrobe ne mérite d'être lu que parce qu'il cesse à chaque instant d'être Macrobe, et parce qu'il cite autant qu'il disserte. Nous avons mis plus d*une fois à contribution son savoir. On se souvient, par exemple , du récit dé la lutte de Labérius et de Syrus. Les Saturnales, d'où nous l'avons tiré, sont un ouvrage presque aussi précieux que le recueil d'Aulu-Gelle, bien que Macrobe n'ait fait quelquefois que mettre dans un autre ordre les matériaux amassés par AuluGeile lui-même, ou que traduire des passages de Plutarque. Macrobe a eu ^Tailleurs plus d'ambition littéraire que l'auteur des Nuits attiques. 11 a rédigé sa compilation sous forme de dialogues. Il y en a sept, autrement dit sept livres, répondant aux sept jours des fêtes de Saturne. Macrobe raconte ou suppose une série de conversations savantes, ou, si l'on veut, pédantes, auxquelles prennent part les hommes les plus distingués du temps, notamment Symmaque et un frère de ^ymmaque. Ne cherchez ici ni l'art de Cicéron, ni même celui de Varron. Macrobe est un pauvre dialogiste : j'aimerais tout autant qu'il eût fait comme Aulu-Gelle , et qu'il nous eût simplement donné ses notes.
L'idée la plus heureuse que Macrobe ait eue, c'a été celle de commenter le Songe de Scipion, Les deux livres qu'il a écrits sur le chef-d'œuvre de Cicéron ne sont souvent que des choses sans valeur, et à peu près illisibles; mais, sans le commentaire de Macrobe, nous n'aurions pas le chefd'œuvre de Cicéron. Je mentionne pour mémoire un fragment assez long d'un autre ouvrage de Macrobe, sur les différences et les concordances des verbes grecs et latins.