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C'est le vieux nom latin des Muses

iambiques, sauf les scènes passionnées où d'autres naètres plus vifs pouvaient mieux servir son dessein. Il ne s'inter^ disait pas, à Toccasion, l'emploi du vers trochaïque, si bieiii fait pour exprimer l'indignation et h colère. Quant à h partie lyrique, et h tout ce que leis Latins désignaient par le mot de cantique, Né vins ne s'était pas fait défaut de^ res^ sources qui abondaient sops sa m^in. On constate aisément chez lui la présence de vers qui diffèrent et de Tïambique senaire, et du tétr^mètre trocbaïque écourté : il y a des vers ïambiques et des veris trocbaïque^ de longueur^ variables ; il y a des mètres chorïambiques, des mètres aoapestique^, et presque tout l'appareil de la savante versification de3 poètes de la Grèce.

On ne trouverait pas beaucoup à citer, p^rmi les fragments des tragédies de Névius, sinon peut-être un mot ici ou là, comme ceux que nous avons aperçus dans les fragments des tragédies de Livius Ândronicus. Ainsi ce passage de la pièce intitulée Hector : « Je suis joyeux d'être Ipué par toi, mon père, par un honime loué de tous. » Mais ce n'est pas comme traducteur ou imitateur d'Euripide et d'Eschyle, que Névius avait acquis le renom de grand poète. C'est son génie ooinique que prisaient plutôt les Romains. On ne faisait pas de difficulté pour le mettre sur la mêrne ligne que Piaule. Térence le nomme, avec Plante et Ennius, comme un des auteurs dont il se fait gloire d'imiter les exemples. Livius Andronicus s'était borné à transporter des comédies grecques sur son théâtre, saps y rien changer, ou sans y changer que fort peu : ses personnages parlaient latin, mais c'étaient des Grecs; on était en Grèce; c'étaient des mœurs grecques, des habits grecs; c'était I4 comédie é^ manteau^ comme disaient les Romains. Névius se borna, en général, à suivre ces errements; mais il sut aussi 3'ouvrir une. voie plus originale. 11 composa des pièces latines de mœurs comme de langue, et il créa la comédie romaine, ou, selon l'expression consacrée, la comédie à toge^ celle dont les personnages étaient des Romains, et dont l'action se

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passait à Rome. Sans doute tout n'était pas invention dans ces pièces. Le cadre dramatique venait encore d'Athènes ; mais ce n'était plus Athènes qui le remplissait : le plus libre génie pouvait, dans un tel champ, se déployer à Taise; et je ne doute pas que Névius ne s'y soit livré à tout son essor. Il dut exceller dans la peinture des vices et des ridicules contemporains ; et la satire personnelle plus ou moins directe était un moyen de succès dont nul plus que lui ne fut jamais en état de se servir. Mais nous sommes réduits, sur ce point, à de simples conjectures. C'est à peine si nous connaissons les titres de deux ou trois de ses comédies à toge. Les fragments des comédies à manteau sont nombreux , et souvent fort remarquables, par le mérite de la pensée ou celui de l'expression. Ainsi ce vers où Névius résume tous les manèges d'une courtisane : « A l'un un signe de tête, à l'autre un clin d'œil, à un autre son amour, à un autre la main. » Ainsi ce passage , qui provoqua sans doute des applaudissements : « Pour moi j'ai toujours prisé davantage, j'ai toujours cru meilleure cent fois la liberté que l'argent. » Ainsi encore ce dialogue si vif et si bien coupé : «* Holà! est-ce victoire? — Victoire! — Bravo! et comment? — Je vais te dire. »

Voëme sur la première guerre punique.

J'ai parlé, à propos de Stasinus, du poëme intitulé Citants cyprienSj qui était, pour ainsi dire, une sorte de préface ou de prologue ajouté après coup à \ Iliade, Il existait une ancienne traduction latine de cette épopée, que quelquesuns attribuaient à Névius. Mais cette traduction était en vers héroïques, circonstance qui suffit à prouver que Névius n'en était point l'auteur. On croit avec raison que c'était l'ouvrage de quelque contemporain d'Ennius, ou même de quelque poëte plus récent encore, de ce Lévius, par exemple, dont le nom est si souvent confondu, chez les anciens, avec ceux de Névius et de Livius Andronicus. D'ailleurs, il ne reste rien, ou à peu près, de V Iliade cyprienne, selon le titre que portait en latin l'épopée de Stasinus. Mais Névius avait fait mieux que transcrire dans sa langue

les vers du poète cyprien. Il avait composé un grand poème tout romain, dont la première guerre punique était le sujet. Ce poème était écrit en vers saturniens ; non pas seulement dans ce mètre mal déterminé qu'on cherche en vain à saisir chez Livius Àndronicus, mais en vers d'une facture régulière et savante, et conformes, en général, à celui dont Térentianus Maurus a rédigé la formule sévère. Le poème était continu d'un bout à l'autre, sans aucune division en chants ou en livres; mais un grammairien, nommé Lampadion, le divisa plus tard en sept parties. Ce poème était autre chose qu'une chronique versifiée. Sans doute Névius n'avait pas pu se permettre de transformer ou d'altérer, au gré de son imagination, des faits tout récents, et dont tant d'autres avaient été, comme lui, les témoins et les acteurs. Mais il ne s'était pas fait faute d'ajouter aux éléments que lui fournissaient ses souvenirs, d'interpréter les événements, de remonter à leurs causes présumées, de deviner les détails, de les inventer même; d'orner enfin, d'embellir, et de faire œuvre de poète. Nous ignorons jusqu'à quel point il avait réussi dans la peinture des caractères. Il n'est pas téméraire pourtant d'affirmer qu'il ne s'était pas contenté de dire sèchement ce qu'avaient été ses héros. Nul doute qu'il ne les ait élevés à une sorte d'idéal, et que son patriotisme n'ait grandi leurs figures. Croit-on que Régulus se présenterait à nous avec cette majesté calme et sublime, si Névius ne l'avait pas chanté, et si les historiens avaient raconté ses dernières actions sans être sous le charme de cette parole inspirée? Quoi qu'il en soit, Névius possédait à un haut degré quelques-unes des plus précieuses qualités épiques. C'est lui qui a imaginé de mettre en présence Ënée et Didon, et de rattacher aux traditions de l'antiquité héroïque l'implacable rivalité de Rome et de Carthage. Le préambule de son poème a fourni la matière de la plupart de ces inventions épiques dont nous sommes accoutumés de rapporter toute la gloire à Virgile. Après avoir expliqué à sa façon les causes de la terrible guerre, Névius abordait le récit historique , et il décrivait l'état respectif des deux peuples aux premiers moments de la lutte. Le dénombrement des auxi-

liàire» qui ft'apprétaiéfit à soutenir les deux partis devait rappeler, jusqu'à Un certain point, celui du deuxième chant de V Iliade. Et ce n'est pas le seul endroit oî Névius avait mis à contribution la poésie d'Homère. On voit, dans les fragments de son ouvrage, les restes d'une description de teilipéte, où plus d'un mot prouve que Névius s'était souvenu du huitième chant de \ Odyssée. Quand il s'agissait de peindre des choses dont ni V Odyssée ni Y Iliade n'oflfraient le ftiodèle , Névius U'était pas toujours indigne des vrais maîtres. Voici comment il caractérise l'agitation de Carthage après une défaite : « Les Carthaginois tremblent de tous leurs ittembres ; partout une crainte profonde étreint et bouleverse les cœurs; ce ne sont plus que funérailles de soldats tués ; ce tie sont plus que convois de morts : l'ivresse de la fête a disparu. »» Le poète animait et diversifiait heureusement un récit où la vérité nue aurait eu déjà, à elle seule, presque toute là grandeur et tout l'intérêt de l'épopée. Les contes qu'il avait entendu faire sous la tente devaient aussi être entrés pour une forte part dans le tissu du poëme. Il est probable que, si nous le possédions en entier, nous y lirions de merveilleuses légendes militaires , et que nous y trouverions en original la fameuse histoire du serpent de Bagrada.

Le poème de Névius était donc une épopée, sauf le mètre épique, et, dans toute la force du terme, une épopée nationale. C'est ce poëme, bien plus encore que ses comédies, que tous les Romains savaient par cœur. Nul ouvrage n'était plus propre à faire des Romains ; et il n'est pas étonnant qu'on l'ait maintenu si longtemps dans les écoles, pour servir à l'éducation de l'enfance. Et les juges les plus compétents ne le trouvaient pas indigne de cette haute fortune. Horace, il est vrai, semble ne lui attribuer d'autre mérite que son antiquité; mais Cicéron le proclame beau, sinon d'une beauté pure et parfaite, au moins d'une beauté qu'on ne laisse pas d'admirer encore. C'est aux œuvres de la sculpture grecque que Cicéron compare aussi l'œuvre de Névius. Ce n'est pas Phidias ni Polyclète, mais ce n'est plus Dédale; c'est déjà Myron. Ennius, qui était la vanité même,

D'osa pas entreprendre sur les domaines conquis par son devancier. Arrivé au récit de la première guerre punique, il se borna à un sommaire rapide, et il s'excusa comme il suit : «D autres ont écrit cela en vers.» — « Oui, certes, dit Cicéron dans le Brutus, et ils ont écrit fort bien , sinon avec toute ton élégance. Et tu dois être de cet avis, toi qui as tant emprunté à Névius, si tu avoues tes emprunts, et, si tu les nies, qui lui as tant dérobé. »

jrag^emeiit mur nréYlu*.

Le style de Névius manque d'art, non pas seulement de cet art qu'enseignent les rhéteurs et qui ne mérite que le nom d'artifice, mais de celui qui consiste à limiter la pensée dans ses vrais termes, à la revêtir de toutes ses couleurs, à la mettre dans le jour le plus favorable; en un mot à satisfaire les exigences d'un goût délicat et d'un esprit éclairé. La verve naturelle du poëte s'épanche un peu au hasard : ici c'est un mot heureux , là une image frappante , là un tour de phrase original; nulle part un tableau complet, ou même une esquisse satisfaisante. Ce ne sont, pour ainsi dire, que des ébauches ; mais on sent que la main qui les a tracées ne manquait ni de fermeté ni de hardiesse. Il ne faut, d'ailleurs, demander à Névius que les qualités qui étaient propres au caractère romain : on chercherait vainement, dans ce qui reste de ses vers, rien qui ressemble à l'atticisme, ou qui puisse se nommer de la grâce. Mais on y trouverait suffisamment de quoi justifier l'expression de cet anden qui a dit : « Névius bouillonne. » Volcatius Sédigitus le disait de Névius poëte comique; on le peut dire, je crois, et du satirique, et du tragique même, et surtout du chantre de Régulus. C'était un poëte plein de fougue, ce n'était pas un artiste; c'était un génie fécond, ce n'était pas un homme capable de créer un vrai chef-d'œuvre, une de ces œuvres comme la Grèce en avait tant produit et comme Rome devait en produire, qui sont le beau dans tout son charme et dans toute sa splendeur.

L'épitaphe de Névius, sous une forme un peu insolente, exprime admirablement les titres qu'avait le poëte à figurer

parmi les classiques latins, et à servir de texte aux études du jeune âge. Sa langue était le pur latin de Rome, sans mélange ni de provincialismes , ni d'héllénismes , ni d'aucun élément étranger, et tel qu'on le parlait dans le siècle où, selon le mot de Cicéron, on parlait vraiment latin. Cicéron, pour définir ce qu'il entend par diction urbaine, latin de la source, idiome national, nomme Plante et Névius; et les fragments mêmes de Névius déposent de la légitimité de l'orgueil du poëte, comme une ruine antique où apparaissent encore quelques-uns des caractères du primitif monument.

INFLUENCE DES GRECS SUR LES PREMIERS PROSATEURS LATINS. — FARIUS PIGTOR. — DEUX ORAISONS FUNÈBRES. — CORNÉLIUS CÉTHÉGUS. — LE PREMIER AFRICAIN. — LE PÈRE DES GRACQUES. — AUTRES ORATEURS PO- LITIQUES.

Influence des Orées mnv les premiers prosateurs latins.

L'influence de la Grèce sur les premiers développements de la prose latine n'est pas clairement manifeste. Cicéron semble dire que les histoires écrites par Fabius Pictor, et même par des auteurs plus récents, ne différaient des anciennes annales ni pour le ton, ni pour le style, ni pour la méthode. De tels historiens ont donc pu très-bien se passer de connaître Hérodote ou Thucydide. Ce qu'on sait de certain sur les orateurs qui ont vécu après Appius l'Aveugle et avant Caton ne prouve pas sans réplique qu'ils lussent £schine et Démosthène. Quant aux jurisconsultes, les traditions nationales leur suffisaient, et les Grecs n'eurent jamais que peu de chose à leur apprendre. Je ne parle pas des philosophes. Il n'y avait pas de philosophes à Rome en ce temps-là ; c'est à peine si le siècle suivant essaya de s'initier aux savantes spéculations de la Grèce. Pour trouver des

philosophes romains, des philosophes qui aient écrit, il faut descendre jusqu'à Lucrèce et à Cicéron.

Je renonce volontiers à étalblir une filiation directe entre les prosateurs grecs et les premiers prosateurs latins. Ce qu'on ne saurait contester, c'est que ceux-ci ont vécu dans des conditions différentes de celles où avaient vécu les con* temporains d'Appius ; c'est que leur siècle n'était pas dénué de culture littéraire ; c'est qu'ils ont participé plus ou moins aux fruits de cette culture. N'eussent-ils fait qu'assister aux représentations dramatiques de Livius Àndronicus ou de Névius, on pourrait dire encore que la Grèce a influé sur eux, môme à leur insu. Mais ce n'est pas seulement par le théâtre que les Romains se façonnaient à l'amour des choses de l'esprit, qu'ils adoucissaient leur rusticité, qu'ils devenaient plus complètement des hommes. La ville était pleine de Grecs : les enfants épelaient, avec des maîtres venus de la Grèce, les chefs-d'œuvre du génie grec; les adolescents, les hommes faits eux-mêmes, assistaient aux leçons d'autres maîtres, ou vivaient avec des hommes versés dans les sciences et dans la littérature. L'ancienne éducation ne donnait et ne pouvait donner que des soldats, des jurisconsultes et des politiques ; l'éducation nouvelle donnait de plus des écrivains. C'est en ce sens au moins que les premiers prosateurs latins sont eux-mêmes des fils de la Grèce. Sans la culture grecque, ils auraient pu écrire d'un style tel que le leur, je le crois; mais, sans la culture grecque, ils n'auraient pas même songé à écrire. Je veux dire que l'idée de rédiger par écrit un corps d'histoire, ou même un simple discours, de s'adresser à la postérité aussi bien qu'aux contemporains, l'idée enfin de s'illustrer par l'esprit, ne leur a pu venir que de l'éducation nouvelle. J'en ai pour preuve cinq siècles entiers, ces siècles où nous n'avons rien pu trouver qu'on puisse nommer ni un livre, ni un poëme.

Vablii0 Pletor.

Cet historien est contemporain de Névius. Il servit dans la seconde guerre punique, et il en écrivit l'histoire. Polybe ne faisait pas un très-grand cas de son ouvrage. Fabius

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manquait d'exâctitude et de critique. Son style, queCicéron compare à celui de Phérécyde, d'Hellanicus, d'Acusilaûs, est d'une simplicité absolument nue, et qui rappelle assez la manière dès logographes, sauf pourtant cette vivacité et cette grâce qui ne leur faisaient pas défaut, et que ne connaît point Fabius. J'en juge, au reste, d'après de bien faibles échantillons. Les fragments du livre de Fabius sont très-peu de chose ; le plus remarquable est celui qui concerne les obligations auxquelles était soumis le flamine de Jupiter. Je le transcrirai, pour donner une idée du ton de Thistorien et de son peu d'art. On verra que, si Fabius ne savait pas toujours bien s'enquérir sur les événements, il y a pourtant des choses qu'il avait, ce semble, consciencieusement étudiées, «t C'est un crime au flamine de Jupiter de monter à cheval, et aussi de voir une classe équipée hors de l'enceinte des murs, c'est-à-dire l'armée en armes : voilà pourquoi on a rarement nommé consul le flamine de Jupiter, quand les consuls étaient chargés de commander les armées. Il n'est pas permis au flamine de Jupiter de jamais jurer; l'anneau qu'il porte doit être creux et à jour. On ne peut emporter de la flaminie, c^est-à-dire de la maison du flamine de Jupiter, d'autre feu que le feu sacré. Si un homme lié entre dans sa maison, il faut qu'on le délie, qu'on monte par la cour intérieure les lietissur le toit, et qu'on les jette dans la rue. 11 n'a aucun nœud sur lui, ni à son bonnet, ni à sa ceinture, ni nulle part ailleurs. Si un homme qu'on va battre de verges tombe à ses pieds en suppliant, on ne peut ce jour-là le frapper sans sacrilège. Il n'y a qu'un homme libre qui puisse couper les cheveux du flamine. Le flamine, d'après l'usage, ne touche ni ne nomme jamais une chèvre, de la chair crue, du lierre, des fèves; il ne taillera pas les provins de vigne qui montent trop haut ; les pieds du lit où il couche doivent être enduits d*uile légère couche de boue; il n'en découche jamais trois nuitd de suite, et personne autre que lui n'a le droit d'y coucher. Il ne faut pas qu'il y ait , près du bois de son lit, un coffre avec des gâteaux sacrés. On couvre de terre, au pied d'un arbre fruitier, les rognures Aes ongles et des cheveux du flamine. Tous les jours pour

le flamine c'est fête. Il ne lui est pas permis d'être en plein air sans bonnet; quant à rester nu-tête sous son toit, c'est tout récemment que les pontifes ont décidé qu'il le pouvait.» Assurément, il n'y a rien de commun entre ceci et les récits d'Hérodote ou les admirables tableaux de Thucydide. Aulu- Gelle, qui nous a conservé ce curieux passage, ne le cite que de mémoire. S'il Ta altéré çà et là , ces altérations sont probablement fort légères, et n'ont dû atteindre sensiblement ni la physionomie de ce style sans art, ni même le caractère archaïque de cette diction-fort naïve.

Fabius Pictor n'est pas le seul Romain de son temps qui ait écrit l'histoire, mais il est le seul qui l'ait écrite en latin. Deux de ses contemporains,!. Cincius Alîmentus etC. Acilius, rédigèrent en grec les livres qu'on cite sous leur nom. Ce fait en dit assez, j'imagine, sur la grécoraanie (qu'on me passe ce mot) qui possédait alors les Romains. Il me semble voir nos écrivains d'autrefois sacrifiant à la langue savante l'idiome vulgaire, et, jusque dans le ivi* siècle, de Thou racontant les Valois en termes de Tacite et de Cicéron.

Deux oraisons fanèbres.

L'usage de prononcer l'éloge des morts date, à Rome, de la plus haute antiquité ; mais c'est seulement vers la fin du iir siècle avant notre ère que quelques-uns consignèrent par écrit les discours qu'ils avaient prononcés en l'honneur de leurs proches ou de leurs amis. Ces oraisons funèbres, dès le temps de Caton, étaient en grand nombre, et la véra* cité n'était pas ce qu'on y prisait le plus : les panégyristes d'alors, comme ceux de tous les siècles, songeaient infiniment plus aux satisfactions de la vanité des familles qu'aux intérêts sérieux de l'histoire. Us ne se gênaient pas même, dit-on, pour inventer de faux consulats et de faux triomphes, afin de grandir aux yeux le défunt ou sa race. 11 ne reste, de toute cette littérature funéraire, que le souvenir du discours de Q. Cécilius Métellus en l'honneur de son père, et celui du discours de Q. Fabius Maximus en l'honneur de son fils.

Pline l'Ancien s'exprime quelque part comme il suit ^ :

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