Histoire naturelle, livre VII, chap. ui
« Q. Métellus, dans l'oraison funèbre de son père, L. Métellus, qui avait été pontife, ^ux fois consul, dictateur, maître de la cavalerie, quindécemvir pour la distribution des terres ; qui le premier avait conduit des éléphants en triomphe, durant la première guerre punique, écrit en propres termes que les dix choses les plus grandes et les meilleures, à la recherche de quoi les sages usent leur vie, son héros les eut au degré suprême. Il avait voulu, en effet, être un grand guerrier, un excellent orateur, le plus brave des généraux. Les plus mémorables exploits s'étaient accomplis sous ses auspices ; il avait été comblé d'honneurs; il ne le cédait en sagesse à personne ; il passait pour un sénateur consommé; il avait fait une fortune considérable par d'honnêtes moyens; il avait laissé de* nombreux enfants; ses concitoyens l'avaient tenu dans la plus haute estime : tous ces biens, lui seul les avait eus en partage, et nul autre depuis la fondation de Rome. » Certes, le vainqueur de Panorme était digne d'être célébré à l'égal des plus grands, et le fils d'un tel père pouvait rappeler avec orgueil son génie, sa sagesse et son bonheur; mais qui pourrait dire que Q. Métellus ne s'était pas un peu trop livré aux tentations naturelles du genre épitaphe, l'exagération et l'emphase?
Le discours de Fabius n'avait pas ces défauts, et ne pouvait guère les avoir. Le Temporiseur était, avant tout , un homme sensé, grave et sévère. Le fils qu'il avait perdu était assez avancé en âge pour qu'on pût louer en lui mieux que d'heureuses espérances; mais le père fut éloquent, rien qu'à laisser parler sa douleur, et à exprimer quelques nobles idées morales. Cicéron fait dire à Caton, dans un de ses dialogues * : « Je connais de cet homme beaucoup de choses très-belles; mais ce qui est surtout admirable, c'est son courage à la mort de son fils Marcus , d'un fils illustre et déjà consulaire. L'éloge qu'il prononça est dans toutes les mains : en le lisant, quel philosophe ne méprisons-nous pas? » C'est au forum, devant le peuple assemblé , que Fabius paya c^ tribut aux vertus de son fils. Le jugement de