Cicéron, de la Vieillesse, cbap. iy
Plutarque sur Téloquence de Fabius prouve que Cîcéron a pu prêter à Caton , sans trop d'hyperbole , les paroles que j'ai transcrites tout à Theure : u H s'appliqua à l'éloquence , mais à un genre d'éloquence qui répondît à toute sa vie , à son caractère. Ces ornements, cet éclat léger et frivole qui n'a de mérite qu'aux yeux de la foule , étaient bannis de ses discours : on n'y trouvait que le bon sens qui lui était naturel , que l'abondance et la profondeur des pensées ; ce qui faisait comparer ces discours aux harangues de Thucydide^ » Je ne conclurai pas, du rapprochement indiqué par Plutarque, que Fabius fût un émule volontaire des Grecs, et, comme dirait Cicéron , un thucydidien ; mais , pour qu'on lui fît l'honneur de le comparer à l'incomparable, il fallait bien qu'il y eût en lui une ombre au moins des qualités du sublime parangon.
Corméllii0 Céthégiu.
Cicéron, dans le Brutusy cite quelques vers du poëme des Annales^ sur un orateur contemporain de Fabius, qui semble avoir été doué, lui aussi, de qualités éminentes. Cicéron admet pleinement et la compétence d'Ennius pour le juger, et la sincérité du jugement qu'il en porte et que voici : « On donne pour collègue , à Tuditanus , Marcus Cornélius Céthégus, l'orateur à la douce éloquence, le fils de Marcus.... Ses concitoyens jadis , ses contemporains, ceux qui vivaient alors , le nommaient la fleur choisie du peuple et la moelle de la persuasion. » Cicéron a négligé de nous dire si Céthégus avait écrit. Seulement , il fait dire à Caton , dans le dialogue de la Vieillesse , que Céthégus , même vieux, s'exerçait encore de toutes ses forces à l'éloquence.
liC premier Afrlealn.
Il est permis de croire que P. Scipion , le premier Africain, n'était pas seulement un grand général et un homme éloquent, et qu'il n'avait pas dédaigné d'écrire. Tite Live du moins ne doutait pas de l'authenticité d'un discours contre le tribun Né vins, attribué à Scipion. Aulu-