‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 17 sur 124 · Titetivd, livre XxXlX,chap. XL · texte numérisé non relu

Titetivd, livre XxXlX,chap. XL

Câton; et il reste, de tous ces discours, des fragments plus ou moins considérables. Il y a aussi des fragments de certains discours dont les titres ne sont pas connus. Ce n'est pas exagérer que de porter à cent cinquante au moins le nombre des discours que Caton avait écrits. Quelques-uns ont dû être de simples plaidoyers judiciaires: ainsi le Dis^ cours sur les biens de JDulcia; mais on peut dire que presque tous sont des discours politiques : harangues prononcées devant le peuple ou au sénat, accusations contre des prévaricateuiB , apologies personnelles , etc. Un examen détaillé des fragments oratoires de Caton serait ici chose impossible : nous nous contenterons donc de noter çà et là et de transcrire les traits les plus caractéristiques , ceux qui peuvent le mieux mettre dans son jour la vive physionomie de cette éloquence.

Un des hommes qui furent le plus en butte aux attaques de Caton, c'est le consul Q. Minucius Thermus. Thernaus, après une double campagne, en 198 et 194, contre les Ligures et d'autres peuplades de la Gaule Cisalpine , demandait le triomphe. Caton parla contre Thermus , dans le sénat, avec une extrême énergie : il lui reprochait d'avoir fait frapper de coups dix hommes Ubres , dix magistrats provinciaux ; d'avoir considérablement enflé le succès de ses armes , et d'avoir raconté des batailles qui ne s'étaient jamais données. Nous possédons encore une page admirable du discours intitulé des faux Combats, Il s'agit du traitement affreux que Thermus avait fait subir aux magistrats liguriens.

« Il dit que les décemvirs n'avaient pas fait tout ce qu'il fallait pour ses provisions de bouche; il les fit dépouiller de leurs vêtements et battre à coups de fouet : des Bruttiens frappèrent les décemvirs; de nombreux témoins ont vu la chose. Qui peut souffrir un tel affront, un tel commandement, une telle servitude? Jamais roi n'osa rien de semblable : vous, gens de bien, approuvez-vous qu'on en use ainsi, avec des gens de bien, et nés de bonne race? Où sont les droit de l'alliance? où est la foi de nos aïeux ? Quoi ! injures signalées, coups, étrivières, meurtrissures, violences, douleurs, tortures, et, avec cela, l'infamie et l'outrage, en

Page 1