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POETES COMIQUES CONTEMPORAINS BE TERENCE

FÉCONDITÉ DRAMATIQUE DU SIÈCLE DE TÉRENGE. — UCINIUS ; ATTILIUS ; TUR- PILIUS- — TRABÉA. — LUSCIUS. — DOSSÉNUS, ETC. — AFRANIUS. — ATTA; TlTilflUS, ETC. — JUGEMENT SUR LA COMÉDIE LATINE.

Wéeondité dramatique du siècle de Térenee*

Le siècle où écrivait Térence fut Fâge d'or du théâtre de Rome. Je veux dire seulement que le' théâtre, chez les Romains, n'a jamais compté des poètes plus fameux, ni en plus grand nombre. C'est en ce temps-là que la tragédie fut réellement florissante ; c'est en ce temps-là que la comédie à toge rivalisa de succès avec la comédie à manteau ; que l'atellane s'éleva à la dignité littéraire, et que l'exode naquit de la sature. Le vrai génie a fait défaut, je le crains, à tous ces poètes dramatiques, mais non pas le talent; et plusieurs, à peine connus de nord aujourd'hui, étaient estimés jadis comme de grands écrivains, et partageaient la fortune de Névius, d'Ennius, de Plante, de Cécilius, de Térence. Nous parlerons plus bas des deux tragiques, Pacuvius et Âttius. Nous allons consacrer quelques mots aux poètes qui passaient pour avoir excellé dans la comédie.

lilclnliui; AUUlasj Torpillas.

Il y en a deux, Licinius et Attilius, que Volcatius Sédigitus proclamait supérieurs à Térence. Ce témoignage est à peu près tout ce qui reste pour établir leur mérite et leur existence même. Turpilius, que le critique nomme après Térence, est un peu moins inconnu. On sait qu'il était l'ami du poète africain , et qu'il mourut dans un âge très*avancé, vers l'an 100 avant notre ère. On a d'assez nombreux fragments de ses comédies. Presque tous les titres de ses pièces sont des mots grecs transcrits en lettres latines : il ne faut donc pas beaucoup forcer les conjectures pour avancer que l'auteur de VÉpiclère, du Démiurge, du Thrasyléon, etc., n'avait fait que des comédies à manteau, et que toute son

originalité se bornait à de simples détails d'agencement, comme celle de Térence, ou à quelques traits sentencieux du genre de ceux de Cécilius. Je doute que Turpîlius fût homme à oublier, comme fait souvent Piaule, que ce sont des Grecs qui parlent, ou qu'il sacrifiât autant que Cécilius au goût de la multitude. Je ne trouve pas dans ses vers une seule trace de bouffonnerie; j'y trouve, en revanche, telle pensée qui sent son Romain faisant de la morale : « Certes, plus on sait se contenter de peu, plus on mène une vie fortunée. Comme disent ces philosophes, tout peut être assez.» Le style de Turpilius, autant qu'on en peut juger, ne manquait ni de grâce ni d'élégance ; et ses personnages devisaient avec une vivacité et un naturel qui rappellent VAndrienne et le Phormion, Voyez ce fragment de VÉpiclère : « Maître, où courez-vous, je vous prie, avant le jour, si brusquement, et avec un seul serviteur? — Stéphanion, je ne puis tenir chez moi. — Et pourquoi donc? — Les soucis, à leur ordinaire, emmènent loin de moi le sommeil, et me poussent dehors la nuit, quand tout fait silence. »

Trabéa.

Trabéa est nommé le huitième dans la liste de Volcatius Sédigitus. Il serait plus que difficile de dire ce qui lui avait valu l'honneur d'y figurer. Un passage de Trabéa, cité dans les Tusculanes ^ nous permet toutefois de reconnaître que ce poète ne manquait ni de verve ni de style. « L'entremetteuse, charmée par l'argent, guettera le signal de ma volonté, de mon désir. En arrivant, je pousserai du doigt la porte; les battants s'ouvriront. À mon apparition soudaine, Chrysis s'élancera d'un bond; » etc. Le jeune homme, transporté hors de lui par l'espérance, s'écrie, en finissant : « Mes bonheurs dépasseront le bonheur même. •>

Le neuvième des poètes comiques énumérés par Volcatius

Sédigitus est ce vieux poète malveillant qui eut si longtemps

maille à partir avec Térence, Luscius de Lanuvium. Nous

sommes guère accoutumés à nous représenter comme

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