‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 29 sur 124 · Horace, ÉpUreff livre lî, épître !, vers 173 et suivants · texte numérisé non relu

Horace, ÉpUreff livre lî, épître !, vers 173 et suivants

POETES COMIQUES œNTBMPORAÏNS DE TÉRENCl. 139

ginal que le cadre, le nom des personnages et le costume des acteurs. C'étaient des pièces grecques refondues, et adaptées aux mœurs romaines. La vive admiration d'Afranius pour Térence semble prouver que ce qu*il estimait surtout, dans la poésie dramatique, c'était la grâce^et le naturel du dialogue, et la perfection du style. Je doute qu'il se permît, dans ses comédies romaines, des plaisanteries vraiment romaines, de ces bouffonneries comme Plante en lâchait sans cesse, et qui donnent iaux comédies grecques du poëte de Sarsine cette forte senteur de terroir romain. Afranius, comme Térence, était particulièrement du goût des lettrés : néanmoinsla multitude accueillait favorablement ses œuvres. Les fragments des comédies d' Afranius, sans nous renseigner en rien sur le caractère des compositions du poète, nous apprennent du moins qu'il méritait sa réputation comme écrivain élégant, comme émule de Térence. Ces fragments sont nombreux, mais tous extrêmement courts, et, par conséquent, d'un médiocre intérêt pour nous. Il y a pourtant tel mot heureux qui vaut la peine qu'on s'y arrête. Ainsi cette définition de la sagesse , qu'il mettait dans la bouche de la Sagesse même : « Je suis fille de l'Expérience et du Souvenir, n Ainsi cette réflexion piquante sur le prix de la beauté : « La jeune fille est belle. C'est la moitié d'Une dot, disent ceux qui en mariage ne s'inquiètent pas de dots. »

Quintilien nomme Afranius sur la même ligne que Plante et Térence. Il reconnaît qu' Afranius a excellé dans la comédie à toge. Mais les paroles qu'il ajoute à cette louange donnent une bien triste idée et de la personne du poëte, et des goûts de ceux qui souffraient, qui peut-être encourageaient ses déportements : « Et plût au ciel qu'il n'eût point souillé ses pièces d'amours infâmes , confessant ainsi ses propres mœurs ! »

Quinctius Atta, qui n'est guère connu d'ailleurs, avait aussi eu de grands succès dans la comédie à toge : on ne l'égalait pas à Afranius, mais on admirait pourtant ses ouvrages ; et il avait encore, au siècle d'Auguste, des amateur"

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^passionnés. Horace était loin d'en être, comme le prouvent ces vers, dont la signification du mot sabin Atta, boiteux^ rend rintention plus malicieuse qu'elle ne le semble au premier coup d'œil : « Que je mette en doute si la pièce d'Atta marche droit ou non à travers les fleurs et le safran : Quelle effronterie ! vont s'écrier presque tous les vieux. Quoi ! dénigrer ce que jouèrent et le grave Ésopus et le docte Roscius ! A leur sens, il n'y a de bon que ce qui leur a plu. Peut-être aussi rougiraient-ils de se rendre àl'avis des jeunes, et de consentir à oublier , dans leur vieillesse, ce qu'ils ont appris sans barbe au menton *. » Nous ne pouvons pas dire jusqu'à quel point les comédies d'Atta étaient dignes ou de l'estime de ceux qui les applaudissaient, ou des mépris que leur prodigue Horace. Le témoignage du satirique n'est pas suffisant pour nous faire mettre en doute les qualités dont Atta fut doué peut-être. Les préventions d'Horace contre les anciens nous donnent le droit de suspecter son jugement de quelque excès de sévérité ; mais rien ne prouve que cette fois la sentence n'ait porté juste.

Titinius n'a point été critiqué par Horace; et il reste d'assez nombreux fragments de ses comédies. Cependant nous ne sommes guère plus avancés à son sujet; et il y aurait quelque témérité à affirmer que Titinius fut un homme de talent. Les fragments de ses comédies sont tous extrêmement courts, et, en général, d'une parfaite insignifiance. Je remarquerai seulement que Titinius semble s'être plu à mettre en scène des personnages empruntés aux classes populaires : des paysans, des foulons, des joueuses de flûte, etc. Ses comédies, quelles que fussent sans doute leurs imperfections littéraires, devaient offrir des tableaux intéressants et animés, comme celles d'Atta ou d'Afranius^: c'est la vie même des Romains qu'elles étaient censées reproduire ; et, pour peu que l'image fût fidèle, ceux qui la contemplaient durent trouver dans ce spectacle profit et plaisir.

jrngement sur la comédie latine*

La destruction des ouvrages de ces poètes n'est peut-être

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