‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 30 sur 124 · POETES COMIQUES CONTEMPORAINS DE TÉRENCE · texte numérisé non relu

POETES COMIQUES CONTEMPORAINS DE TÉRENCE

pas une très-grande perte pour ia littérature. Mais qui peut dire tout ce que les historiens y puiseraient de renseignements, sur une foule d usages plus ou moins mal connus, et combien leurs récits gagneraient à s'éclairer du commentaire vivant d'Afranius, ou même de Titinius et d'Atta? W. Schlegel, après avoir dit ce qu'aurait pu être une comédie vraiment romaine, ajoute un peu sévèrement, et même avec quelque légèreté : « Mais les écrivains anciens parlent de la comœdia togata avec trop d'indifférence, pour qu'on puisse supposer qu'elle méritât, sous aucun rapport, d'attirer l'attention. » La renommée d'Afranius proteste assez haut, je crois, contre l'assertion du critique. Horace luimême ne dit-il pas que plusieurs ont conquis une juste gloire en s'éloignant des traces dramatiques des Grecs, et en faisant des tragédies et des comédies romaines? Schlegel s'appuie du jugement général de Quintilien sur la comédie latine : « C'est dans la comédie surtout que nous boitons.» Je ne conteste pas la justice de la condamnation portée par le rhéteur latin ; je dis seulement qu'elle a besoin d'être expliquée. Nous avons besoin de nous souvenir que Térence n'est qu'un traducteur; que Plaute n'a d'original que son esprit ; qu'Afranius lui-même n'était pas aussi romain qu'il aurait pu l'être. La comédie latine pâlissait donc singulièrement, dès qu'on cessait de l'envisager en elle-même. Aulu-Gelle nous a retracé au vif l'impression de ses lectures cooiparatives. Au point de vue de ceux qui pouvaient lire Ménandre ou Êpicharme, Plaute et Cécilius n'étaient que des écoliers bégayants. Nul doute que Quintilien ne fût fondé à dire, en parlant de* la comédie : « Nous en possédons à peine une ombre légère. » Mais cette ombre légère, c'est tout ce qui nous reste de ce qui fut une admirable réalité ; et on voit resplendir encore au travers quelques rayons de la beauté antique. Ceux qui les ont saisis et fixés dans leurs œuvres ont pu n'être pas doués du génie qui crée; mais rien n'empêche de saluer en eux des artistes habiles, de grands écrivains, des hommes pleins d'esprit, des poètes dignes de nos respects.

La comédie ne reparaîtra plus dans cette histoire. Les

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mimes, dont il sera question à propos de Labérius et de Syrus, mériteraient peut-'ôtre le nom de comédies ; maîd nous leur conserverons celui sous lequel ils sont connus. Dès le temps de César, il n'est plus question ni de comédie à manteau ni même de comédie à toge. Si quelques poètes essayèrent, jusque sous l'empire, de marcher sur les traces de Plante ou d'Àfranius, ils échouèrent dans Fentreprise nonnseulement leurs œuvres ont péri ; mais la postérité n'a pas même daigné nous dire qui ils étaient, et pourquoi elle jQie tenait pas compte de leur existence.

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