I. Horace, ÉpUres, livre II, i, vers
plusieurs fois que sa mère Ta traité comme un esclave, et même qu'il a été vendu, lui fils d'un homme libre. Le sujet du Dulorestès, c'étaient les infortunes du fite d'Agamemnon, chassé de la maison paternelle, ses longues courses errantes , son retour à Àrgos, et sa vengeance sur les meurtriers de son père. J'en juge ainsi d'après les vers mêmes de Pacuvius. Dans plus d'un passage, il s'agit d'événements qui n'ont rien de commun avec l'aventure de Tauride. Ici, c'est une description du départ de la flotte, après ia prise de Troie ; là, le souvenir du naufrage au promontoire de Capharée; ailleurs, une plainte sur le funeste sort d'Agamemnon : « Si Priam était là, Priam même aurait pitié de lui. » Je dois dire qu'un autre vers , cité comme appartenant au Dulorestès, semble se rapporter à une généreuse dispute d'Oreste et de Pylade devant Thoas : « Je suis Oreste. — Non, c'est moi, dis-je, qui suis Oreste. » Mais nous ne savons pas si Pacuvius n'avait point trouvé quelque moyen de transporter à Argos cette scène du dévouement, ou de la rattacher au sujet principal. Au reste, Pacuvius avait traité cette belle scène d'une façon digne des plus grands maîtres ; et il l'avait tirée tout entière de son génie et surtout de son âme. Cicéron nous a conservé le souvenir de la vive impression que causait l'héroïsme des deux amis, dans le passage auquel j'ai déjà fait allusion : « Quelles acclamations, dit Lé-liusS retentirent naguère au théâtre, à la nouvelle pièce de Pacuvius, mon hôte et mon ami, lorsque, le roi ignorant lequel des deux était Oreste, Pylade soutenait que c'était lui, afin de mourir pour son ami, tandis qu'Oreste persistait à dire qu'il était Oreste, comme il l'était en effet! »
La partie lyrique, ou, selon le mot latin, le cantique, avait, dans les tragédies de Pacuvius, une importance assez considérable. Les plus longs fragments sont ceux qui en ont été empruntés. Quelques-uns n'ont pu être prononcés que dans des chœurs plus ou moins analogues à ceux de la tragédie grecque, encore que les mètres de ces fragments n'aient rien de bien lyrique. Ce n'est pas, certes, un per*