‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 39 sur 124 · Jlftfn« Tient du mot grec qui signifie imiter · texte numérisé non relu

Jlftfn« Tient du mot grec qui signifie imiter

176 CHAPITRE Xll.

ses Chrêmes ou ses Micion; lui aussi, il élevait de temps en temps la voix. Les sentences qu'on a pu extraire des mimes de Syrus en sont une preuve sans réplique.

liabérfus et Jules César.

Il parait que Labérius , dans son opposition politique à Jules César, n'avait pas toujours gardé une parfaite mesure. . Peut-être s'était-il borné à des paroles plus ou moins piquantes; peut-être avait-il écrit quelque satire outrageuse à l'adresse du rival de Pompée; peut-être même lui avait-il décoché quelques traits en plein théâtre, sous le couvert des personnages qu'il y faisait parler. Toujours est-il .que César croyait avoir une revanche à prendre sur le poëte. César, homme d'esprit s'il en fut, n'eut pas de peine à imaginer une vengeance terrible , et qui pourtant n'était rien moins que sanguinaire. Voici le fait tel que le raconte Macrobe* :

« César invita Labérius, chevalier romain, homme d'une âpre liberté de parole, à monter sur le théâtre, moyennant la somme de cinq cent mille sesterces, et à jouer lui-même les mimes qu'il composait. Or, la puissance commande nonseulement quand elle invite, mais alors même qu'elle prje. Aussi Labérius, dans un prologue, témoigne-t-il, par les vers suivants, de la contrainte que César lui avait fait subir :

« Où m'a précipité , à la fin presque de mon existence , « cette nécessité funeste dont beaucoup ont voulu, dont si u peu ont su éviter l'impétueux assaut? Moi, que nulle am- « bition, que jamais nulle largesse, qu'aucune crainte, au- « cune violence, aucune autorité, n'avaient pu, dans ma « jeunesse, écarter de ce qu'exigeait mon rang : voilà com- « ment, dans ma vieillesse, m'en fait déchoir sans effort la « parole douce et flatteuse sortie de l'âme clémente d'un « homme illustre. En effet , celui à qui les dieux n'ont rien « pu refuser, qui pourrait souffrir que moi, simple mortel, « je lui fisse un refus? Donc, après soixante ans d'une vie « sans reproche , sorti de mon foyer chevalier romain , je

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