LES CORRESPONDANTS DE GICÉRON
désaccord; bien plus, j'ai mis tout en œuvre, afin deTétouf-* fer dans son germe. Aussi, quand mon ami fut vainqueur. De me suis-je laissé séduire ni aux attraits des honneurs ni à ceux de l'argent : tous biens dont tant d'autres, qui avaient moins de crédit que moi auprès de César, ont abusé sans réserve. Et même ma fortune a souffert de la loi de César, grâce à laquelle la plupart de ceux qui se réjouissent de sa mort ont conservé leurs droits de citoyens. J'ai travaillé à faire épargner les vaincus, pomme s'il se fût agi de ma propre vie. Puis-je donc, moi qui ai souhaité qu'il n'y eût pas de victimes, ne pas m'indigner du meurtre de celui qui a exaucé mon vœu? surtout quand ce sont les mêmes hommes qui ont été ses envieux et ses assassins ! Donc tu seras châtié, disent-ils, puisque tu oses blâmer notre conduite. 0 arrogance inouïe I Quoi ! les uns se glorifient de leur forfait; et il n'est pas permis aux autres de gémir impunément ! Mais les esclaves eux-mêmes ont toujours eu toute licence de craindre, d'espérer, de gémir à leur fantaisie, plutôt que d'après le caprice d'autrui; et voilà ce que ces auteurs de la liberté, comme ils se nomment sans cesse, s'efforcent de nous arracher par la crainte ! Mais leurs efforts sont vains. Jamais la peur d'aucun danger ne me fera reculer devant le devoir, ni perdre mes sentiments d'homme. Jamais je n'ai cru qu'il fallût fuir une mort honorable: j'ai cru au contraire qu'il fallait souvent courir à sa rencontre. ^ **
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Nigidius était un philosophe pythagoricien. Il avait écrit sur l'histoire naturelle, sur la religion, sur la littérature; il laissa la réputation d'un prophète et d'un magicien, et Suétone raconte que, le jour de la naissance d'Auguste, Nigidius avait annoncé qu'il venait de naître un maître au monde. Sénateur, il montra à Cicéron un dévouement absolu, dans les circonstances critiques de son consulat. César l'exila après la bataille de Pharsale ; ce qui suppose que Nigidius était un des Pompéiens les plus prononcés. Cicéron lui écrit pour le consoler et lui montrer un meilleur avenir ; mais