Cicéron, Brutut, chapitres lxxi> lxxii, txrr
presque ne lit les plaidoyers de César pour Decius le Sam-nite, de Brutus pour le roi Déjotarus, ni d'autres composi-> tiens de cette froideur et de cet ennui, si ce n'est ceux qui admirent aussi les vers de Brutus et de César. Car ils ont fait des poésies, et il les ont déposées dans les bibliothèques ; et, sans être meilleurs poètes que Cicéron , ils ont été plus heureux, parce que moins de personnes savent qu'ils ont écrit des vers *• »
I^^antl-Caton.
Quand Cicéron eut résolu ce qu'il nommait son problème d'ircbimède, c'est-à-dire quand il eut fait lire aux Romains, sous la dictature de César, l'éloge de Caton d'Utique, ce dut être un curieux spectacle de voir l'homme tout-puissant descendre de sa hauteur, pour entrer dans la lice contre Cicéron , et pour exprimer à son tour ce qu'il pensait de cette apothéose, ou du moins ce qu'il voulait qu'en pensât Topinion publique. Mais les excès où César s'emporta dans la lutte sont bien affligeants et bien inexcusables. On conçoit qu'il éprouvât le besoin de rabaisser à une plus juste mesure ce que Cicéron avait élevé jusqu'au ciel. Êtait-c^ donc une raison pour quêter partout des calomnies; pour inventer des mensonges ; pour gonfler un énorme pamphlet de toutes les haines et de tous les venins? Vanti-Caton n'était pas un simple discours en quelques pages : c'était un gros ouvrage en deux livres, au témoignage de ceux qui ont pu le voir et le lire. On aura une idée de l'esprit dans lequel César avait composé sa réponse au panégyrique de Caton, d'après ce qu'en note Plutarque, à propos de la mort d'un frère que Gaton aimait tendrement. Caton lui avait fait de magnifiques funérailles ; institué héritier avec la fille de son frère, il ne porta rien en compte pour les frais de ces obsèques. « £t malgré ce désintéressement, dit l'historien, il s'est trouvé un homme pour écrire que Caton avait passé dans un tamis les cendres du mort, pour en retirer l'or qui avait été fondu par le feu : tant cet auteur se